Les actus théâtre de mars 2026

Ce mois-ci, le théâtre avance à deux vitesses. D’un côté, des classiques qu’on réveille et des spectacles qui durent. De l’autre, des budgets qui serrent, des institutions qui tanguent et des modèles qui craquent. Entre relances, remises en question et envies de continuer malgré tout, on vous a résumé ce qu’il ne fallait pas laisser passer.
Mordue
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Les actus théâtre de mars 2026
Sommaire

Julie Deliquet à La Colline : passage de relais sous tension

Julie Deliquet succède à Wajdi Mouawad à la tête du Théâtre national de la Colline. Elle arrive avec son ADN collectif, testé au Théâtre Gérard-Philipe. Sauf qu’ici, les chiffres serrent : autour de 10 M€ de subventions pour des dépenses qui dépassent les 13 M€, et un budget artistique quasi figé. Faire groupe, oui. Le faire tenir dans ce contexte, c’est une autre mise en scène.

Source : Le Monde

Le Cid, version montée d’adrénaline

Benjamin Lavernhe en Rodrigue, Podalydès à la mise en scène, Lacroix aux costumes… la Comédie-Française sort l’artillerie pour réveiller Corneille. Loin du pensum scolaire, l’acteur défend une pièce vive, presque sérielle, où l’amour et l’honneur s’entrechoquent sans pause. Objectif assumé : embarquer les ados, leur prouver que ça peut être plus prenant qu’une série. Spoiler : ça parle de vengeance, de désir, de choix impossibles. Pas si poussiéreux, finalement !

Source : Le Figaro

Monte-Cristo rate sa sortie

On l’annonçait comme un mastodonte, il cale en tournée. La Légende de Monte-Cristo annule presque toutes ses dates en région, faute de remplissage. À Paris déjà, ça flottait un peu malgré les standing ovations brandies en bouclier. Les producteurs parlent d’« ajustement ». Traduction : retour à la case capitale cet hiver, en résidence, avant - peut-être - une revanche en province. Edmond Dantès connaît les prisons. Cette fois, c’est la tournée qui trinque.

Source : Le Parisien

Théâtre public : l’orage sans bruit

Pas d’annonce officielle, pas de grand soir, mais partout les mêmes signaux faibles qui s’accumulent. Entre 2024 et 2025, près d’une collectivité sur deux a baissé son budget culture. Le Fonpeps passe de 60 à 40 millions d’euros. Dans les lieux, les équipes fondent : à Alfortville, on passe de huit salariés à deux. Résultat, on programme moins, on produit plus léger, on refuse des projets. Les compagnies complètent avec leur trésorerie, parfois avec des prêts perso. Même celles qui tournaient bien ralentissent. Dans les bureaux, on arbitre. Sur les plateaux, on réduit. Et dans les équipes, une question s’installe : combien de temps ça tient encore ?

Source : Le Monde

Le trac sort du silence

Sujet tabou, sensation universelle : le trac passe à la loupe. La musicienne et comédienne Virginie Aster publie Le Trac ou l’art d’être en scène, un guide pour comprendre ce qui se joue juste avant d’entrer sur le plateau. Pas question de le supprimer, plutôt apprendre à faire avec, à déplacer la peur, à retrouver du jeu. Autour d’elle, les comédiens confirment : le trac ne disparaît pas, il change de forme. Et parfois, il aide même à tenir debout.

Source : Le Figaro

Les 3 Chardons : le lieu des débuts menacé de fin

C’est là que le théâtre a commencé pour beaucoup, dont Mordue. La compagnie Les 3 Chardons, pilier du théâtre jeune public depuis 50 ans, lutte aujourd’hui pour sa survie. Un modèle sans subventions, des milliers de représentations chaque année, puis le choc Covid : 19 mois à l’arrêt, des dettes, un équilibre qui cède. Il reste 80 000 € à trouver d’ici l’été pour éviter l’expulsion. La mobilisation prend, portée aussi par Karim Mahfouf, le père de Lena Situations, impliqué dans la compagnie, qui a relayé la cagnotte et contribué à faire sortir l’alerte des coulisses. Derrière les chiffres, il y a des souvenirs très concrets : des salles à hauteur d’enfant, des histoires qui restent. Et une compagnie qui refuse de s’effacer.

Source : Ouest France

Cours Florent : quand le rêve passe à la caisse

Le Cours Florent, longtemps fantasme d’acteur, voit son décor se fissurer. Depuis son rachat par Galileo Global Education, les témoignages s’accumulent : jusqu’à 15 000 € la formation, des classes chargées, neuf heures de cours par semaine, et une impression tenace, celle d’un système où payer suffit souvent à entrer. Derrière la vitrine, une mécanique bien huilée. Plus d’élèves, plus d’options, plus de parcours. Et une école qui glisse doucement d’un lieu d’apprentissage à une marque. Le mythe reste. L’expérience, elle, dépend de plus en plus du prix d’entrée.

Source : Telerama

Des spectacles qui refusent de mourir

Le théâtre passe, certains spectacles s’accrochent. By Heart de Tiago Rodrigues, Seuls de Wajdi Mouawad ou encore La Princesse de Clèves version Bozonnet tournent depuis dix, vingt, parfois trente ans. Le secret ? Du jeu, encore du jeu. Du public qui change, des formes qui bougent, des accidents qui relancent la machine. Même après des centaines de dates, quelque chose peut encore déborder. Vieillir sur scène, oui. Se figer, jamais.

Source : Libération

Gallienne décoré, standing côté Élysée

Guillaume Gallienne reçoit la Légion d’honneur des mains d’Emmanuel Macron. Passage du Français… à la République, avec discours appuyé sur son goût du texte et son sens du jeu. Molière, César, et maintenant la rosette : le parcours est balisé. Reste ce qui fait le cœur de l’acteur — une voix, un corps, une manière très à lui de faire passer le théâtre partout, même sous les dorures.

Source : Le Figaro

Jacques Weber contraint de quitter la scène

Jacques Weber met Cyrano sur pause. Une bronchite coriace l’oblige à annuler ses dates au Théâtre La Pépinière. À 76 ans, la voix lâche avant l’envie. Le spectacle Cyrano, rêver, rire, passer s’arrête net, sans certitude de reprise avant l’été - peut-être au OFF d'Avignon, au Théâtre du Chêne Noir. Même les grandes tirades doivent parfois attendre que le souffle revienne.

Source : Le Parisien

Le crocodile change de rive

Stanislas Nordey quitte (un peu) les plateaux pour prendre la tête des éditions Espaces 34. Le théâtre ne le lâche pas : il passe côté textes, là où tout commence. Fidèle à sa ligne, il défend des écritures contemporaines, parfois encore sans scène, avec l’idée d’un circuit court entre auteurs, compagnies et territoires. Une maison fragile, mais libre, et un Nordey qui déplace le centre de gravité plutôt que de changer de combat.

Source : Lokko

Le Studio Raspail rallume la lumière

Après des décennies dans l'ombre, le Studio Raspail rouvre en mai prochain. Fermé depuis 1982, ce cinéma de 1934 reprend vie après rénovation, portée en partie par le Loto du patrimoine. La programmation est déjà en ligne, et on en a glissé un aperçu sur L’Affiche. Le reste se joue dans quelques semaines, rideau relevé.

Source : Le Parisien

Maria Casarès, toujours à la maison

Dix ans de festival, et Maria Casarès n’a jamais vraiment quitté les lieux. Dans son domaine en Charente, la Maison célèbre l’anniversaire avec un Peer Gynt porté par une jeune troupe, pensé comme un dîner-spectacle en plein air. Un projet travaillé sur la durée, entre résidence et transmission, qui raccourcit Ibsen sans le simplifier. Longtemps perçu comme un lieu un peu à part, le site s’est ouvert et attire désormais bien au-delà des initiés. On le savait : les maisons hantées ont toujours attiré du monde !

Source : Le Figaro

El Khatib écrit à Dati : l’adresse qui pique

Une lettre, et ça cogne sans détour. Mohamed El Khatib interpelle Rachida Dati en partant d’un souvenir intime - une photo de parents - pour glisser vers un reproche frontal : le Paris qu’elle dessine laisserait dehors ceux dont elle vient. Logement, service public, ligne politique : tout y passe. Au cœur du texte, une idée qui insiste : d’où l’on vient engage. Et une phrase qui reste : nos parents n’auraient plus leur place dans le Paris que vous imaginez.

Source : Libération

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