Les actus théâtre de mai 2026

Mai aura été un mois habité : des audits qui tombent, des directions qui basculent, des scènes qui débordent dans les bureaux ministériels, les centres commerciaux et jusqu'au Mexique. Pendant ce temps, Michalik prend un théâtre, Pascot prend Garnier, et l'IA prend Molière. Le rideau ne tombe jamais vraiment.
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Les actus théâtre de mai 2026
Sommaire

Panayotis Pascot, l'art de faire rire avec ce qui fait mal

À 27 ans, Panayotis Pascot joue le 5 juin à l'Opéra Garnier avec son deuxième seul-en-scène Entre les deux, une première pour un stand-upeur de son âge. Portrait d'un artiste qui a grandi trop vite, fait de sa mélancolie une matière comique et de ses fragilités un langage universel. 330 000 exemplaires de livre vendus, des salles pleines partout, et une ambition claire : faire reconnaître le stand-up comme discipline à part entière du spectacle vivant. Et on nous glisse dans l'oreillette que le spectacle posera ses valises au Rond-Point l'année prochaine. Chut.

Source : Le Monde

Michalik prend l'Hébertot

Après Edmond, le million de spectateurs et les Molières, Alexis Michalik franchit un nouveau cap : il reprend la direction artistique du Théâtre Hébertot, dans le XVIIe, avec ses associés d'Acme Production et Caroline Verdu de la Pépinière. Une salle monument historique depuis 1974, où sont passés Gérard Philipe, Maria Casarès et Michel Bouquet. « Ça m'a toujours fait peur », avoue-t-il. On le comprend : Copeau, Dullin et Jouvet y ont joué avant lui. La programmation arrive en janvier 2027, avec une nouvelle création en tête. Autant dire qu'on est dans les starting blocks.

Source : Le Parisien

Le Théâtre du Soleil face à ses ombres

L'audit externe commandé par le ministère a été présenté à la troupe début mai : pas de dérives sectaires, mais des manquements réels dans le traitement des alertes. Deux comédiens sont mis en cause pour harcèlement et agressions sexuelles. Libération publie des témoignages qui dressent un portrait nuancé : une maison pionnière sur l'égalité, mais où la parole a parfois circulé trop lentement. Ariane Mnouchkine prépare sa transmission à Sylvain Creuzevault. L'utopie continue... avec ses failles.

Source : Libération

Les planches aussi ont leurs talents de moins de 35 ans

Madame Figaro publie son grand palmarès des 35 personnalités de moins de 35 ans, et le théâtre y a sa place. Rose Noël, dont le génial Roberto Zucco revient à Avignon cet été, et Célia Pelluet, qui jongle entre physique quantique et humour sur scène, figurent dans la sélection. Deux artistes qu'on suit de près chez L'Affiche, et dont on est franchement fiers de voir le talent reconnu au-delà des plateaux.

Source : Madame Figaro

Simon Abkarian est de Gaulle, et ce n'est pas un hasard

À l'école à Beyrouth, on l'appelait « de Gaulle » parce qu'il venait de France. Des décennies plus tard, il incarne le Général dans La Bataille de Gaulle, biopic en deux volets présenté à Cannes. Il raconte une préparation intime : le pèlerinage à Colombey, l'heure quarante de maquillage chaque matin, et cette gorge nouée chaque fois qu'il prononçait le mot « France ». Arménien, libanais, français, tout ça à la fois. Parfois, les rôles vous choisissent avant que vous les cherchiez.

Source : Le Monde

L'Émeute : le classique sans les guillemets

Sortis ensemble du Cours Florent, les comédiens du collectif L'Émeute jouent Marivaux et Corneille à guichets fermés, sans subvention, avec des textes intacts et des corps qui transpirent. Plus de 300 représentations du Jeu de l'amour et du hasard depuis 2021, et cet été à Avignon, double programme Off : Marivaux l'après-midi, Corneille le matin. Un marathon assumé par une troupe qui refuse de "dépoussiérer" quoi que ce soit. On ne peut que plussoyer !

Source : Le Figaro

Molière augmenté

À l'Opéra royal de Versailles, une farce en trois actes écrite "à la manière de Molière" avec l'IA comme co-auteur. Le Chat de Mistral entraîné sur le corpus moliéresque, 20 000 allers-retours entre algorithmes et dramaturges, costumes générés par IA et cousus main. Le résultat est vraisemblable, paraît-il, même si Pseudoramus arrive un peu tard sur scène. Un million d'euros de mécénat pour faire parler un mort depuis 1673. Molière, lui, avait juste une plume.

Source : Le Figaro

Jouer l'archive : Vichy dans les bureaux de Bercy

Jouer l'archive, c'est le verbatim d'une réunion interministérielle de décembre 1940 sur l'application du statut des Juifs, transformé en pièce immersive. Les spectateurs, souvent de vrais hauts fonctionnaires, sont assis entre les acteurs, autour d'une table, sans échappatoire. Résultat : des visages qui blêmissent, des yeux qui s'embuent, et cette phrase glaçante d'un spectateur : « Une fraction de seconde, je me suis dit "quel bordel à mettre en œuvre." » Quatre ans après sa création, la pièce tourne toujours. Certains spectacles ont le mauvais goût d'être nécessaires.

Source : Libération

Genève : Chavrier écartée, la Comédie en crise

Séverine Chavrier, nommée directrice de la Comédie de Genève en 2023, a été mise à l'écart après des accusations anonymes de management toxique — mais reste chargée d'en programmer la saison. Ubuesque. Derrière l'affaire : nationalisme larvé, machisme documenté, et une institution qui se retourne contre celle qu'elle a choisie. Elle a porté plainte et ne lâche pas. « Normalement, c'est le théâtre, le team building. »

Source : Le Monde

Patrick Bruel : le rideau ne tombe pas

Visé par une dizaine de plaintes pour violences sexuelles, Patrick Bruel continue de jouer Deuxième partie au Théâtre Édouard VII jusqu'au 7 juin, à guichets fermés. Devant la salle, le clivage est générationnel : des fans qui ne veulent rien entendre, quelques spectateurs qui doutent. Sur scène, il a été largement applaudi. En coulisses, ses partenaires gardent le silence. Et contractuellement, il ne peut pas partir. Le théâtre continue. Le reste, c'est la justice qui tranche.

Source : Le Figaro

De Montreuil à Ciudad Juárez : le théâtre comme outil

Le Collectif féministe Le Feu, basé à Montreuil, a transmis sa pièce interactive Entre tes mains - sur les violences conjugales - à une troupe de Ciudad Juárez, ville mexicaine meurtrie par des centaines de féminicides. Le principe : jouer une situation de violence devant le public et l'inviter à réagir. La troupe mexicaine va maintenant la porter dans les écoles et les usines. L'an prochain, elles viendront jouer en Seine-Saint-Denis. Le théâtre qui traverse les frontières dans le bon sens.

Source : Le Monde

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