Dans les coulisses de la comédie musicale : Le Guide du Parfait Gentleman Assassin !


Virginie Lemoine à la mise en scène et Stéphane Laporte à l’adaptation nous ont accueillis dans leur salle de répétition actuelle, en attendant de s’installer au Théâtre du Palais Royal. Ils nous ont raconté les coulisses du spectacle, avant de laisser la place aux comédiennes et comédiens pour nous jouer deux extraits. A l’Affiche, on est déjà conquis, alors on vous donne 5 bonnes raisons de réserver vos places !
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Vous ne connaissez pas l’œuvre ? Laissez-moi l’introduire !
Un jeune homme du nom de Monty Navarro apprend - à la mort de sa mère - qu’il est un Ysquith, l’équivalent d’un Rothschild dans notre monde à nous. Il peut prétendre à leur fortune ! Petit bémol cependant, 8 prétendants se dressent entre lui et la richesse…
S’en suit une succession de crimes plus délicieux et créatifs les uns que les autres. Monty se laisse guider par les circonstances, ce qui donne des situations des plus cocasses. Dans l’un des extraits présentés, il profite d’une sortie patins pour éliminer un prétendant. Un lac, de l’eau gelée, une scie… Je vous laisse imaginer la suite !
Est-ce une pièce foncièrement amorale ? Oui, et fière de l’être ! Virginie Lemoine nous confie que les 8 prétendants sont des personnages odieux qu’on a grand plaisir à voir disparaître. Ils sont pourtant tous joués par un même comédien, Benoît Cauden, que nous allons voir réapparaitre avec joie pour mieux savourer son talent ! Du côté des comédiennes, elles se réjouissent des rôles féminins. Bien que stéréotypés à première vue, ils se révèlent plus nuancés, pour finalement se jouer des clichés. Et avec de multiples petits rôles tout au long de l’histoire, il y en a pour tous les goûts !
Stéphane Laporte nous annonce un humour fin, entre Agatha Christie, Downtown Abbey et Benny Hill. Il découvre la pièce en 2014 en regardant la cérémonie des Tony Awards, l’équivalent des Molières, aux Etats-Unis. Cette année-là, la pièce remporte 4 Tony Awards, dont celui de la meilleure comédie musicale. Au-delà de l’indéniable succès, un extrait - I've Decided to Marry You - retient son attention. Il nous raconte qu’en seulement 4 minutes, il voit tout un Feydeau se dérouler devant ses yeux !
A l’époque, il n’existe pas d’adaptation en français de cette pièce récente, créée en 2012. Il s’agit du premier grand succès de Steven Lutvak, disparu avant de nous en offrir d’autres. Il en a composé la musique et écrit les paroles, avec Robert L. Freedman, en charge du livret. Ensemble, ils proposent cette adaptation du roman de Roy Horniman, Israel Rank: The Autobiography of a Criminal, écrit en 1907. En 2014, le spectacle file à Broadway et y reste jusqu’en 2016 ! Alors, cette adaptation du Parfait Gentleman Assasin, est inédite en France, Stéphane Laporte nous en offre la première traduction. Avec Virginie Lemoine, ils échangent avec l’équipe de l’œuvre originale, qui leur offre une confiance aveugle. Ils font le choix d’une traduction au plus proche de l’originale, pour ne rien perdre de sa finesse, tout en y ajoutant leur propre sensibilité et leur humour !
Virginie Lemoine nous présente son casting : “la fine fleur de la comédie musicale” en France ! Benoît Cauden, cité plus haut, Molière de la révélation masculine 2022 pour son rôle dans Les Producteurs d’Alexis Michalik, Emma Brazeilles qui jouait dans La Dame Blanche de Sébastien Azzopardi, mais aussi Gaétan Borg que vous pouvez admirer dans Company, une autre adaptation de Stéphane Laporte, qui débarque au Théâtre du Châtelet en 2027 !
Le meilleur dans tout ça ? Leur alchimie au plateau. On a le bonheur de découvrir une ambiance de troupe. Des petites piques amicales, des blagues, tout le monde rit ensemble, tout en donnant le meilleur d’eux-mêmes ! On retrouve cette énergie dans les extraits présentés le chant nous porte, les chorégraphies précisent le propos, toujours avec une petite pointe de malice !
Charlotte Gauthier, à la direction musicale, accompagne les répétitions, derrière son piano. Elle nous offre un aperçu de l’orchestration. Tout comme le texte, la musique reste proche de l’originale, simplement adaptée aux 3 musiciennes et musiciens qui joueront en live.
Tout en étant encore loin du résultat final puisque les répétitions commencent à peine, les deux scènes présentés annoncent un show d’une excellente qualité, millimétré et irrésistible !
Si on a la crème de la crème au plateau, ça ne s’arrête pas au jeu ! Avec un rythme soutenu et de multiples de personnages, il fallait assurer côté costumes ! Alors l’équipe a trouvé sa perle rare - Axel Boursier - qui a l’habitude des changements rapides… puisqu’il travaille en partie avec des Drag Queens !
Un autre rôle qui joue avec les contraintes : la confection des décors. Après ceux de Dolorès ou Le Manuel de la jeune mariée 1957, Virginie Lemoine embarque à nouveau son frère Grégoire Lemoine dans l’aventure ! Si vous n’avez pas vu ces pièces, vous connaissez ses créations puisqu’il a travaillé pour les Guignols de l’info et Burger Quizz, entre autres ! Ensemble, Virginie et Grégoire choisissent une scénographie simple, mais ingénieuse. Il ne faut pas s’attendre à des changements de décors à la Broadway : au théâtre du Palais Royal dorment aussi les décors d’Edmond alors il faut créer avec peu d’espace ! Une question se pose, comment transposer une multitude de meurtres dans une multitude de lieux ? Entre alors en scène l’ingéniosité ! Sans aucune projection, en travaillant “à l’ancienne” l’équipe créative fait appel à notre âme d’enfant. Une table se retourne pour devenir un lit, puis on la relève à nouveau et en y ajoutant une planche de zinc, se transforme en comptoir de bar ! Ajoutez à ça un fond de scène dessiné par Mehdi Izza qui se glisse dans une arche, vous vous retrouvez dans un chateau ou face à des montagnes enneigées !
Eh oui, parce que dans ce monde de brutes, l’amour devient une raison incontournable - avec le rire - d’aller au théâtre ! Le titre original étant A Gentleman's Guide to Love and Murder, ce spectacle déborde d’histoires d’amour sur scène, mais aussi en coulisses. Le veuf de Steven Lutvak - compositeur de la musique originale - a confié à l’équipe française une anecdote qui ne laisse pas de marbre. Lors de leur tout premier date, Steven lui avait joué le premier acte de ce qui allait devenir A Gentleman's Guide to Love and Murder. Au deuxième date, le deuxième acte. Et ainsi de suite… Si je ne vous ai pas eu avec les 4 arguments précédents, j’espère vous avoir par les sentiments !
Pour Le Guide du Parfait Gentleman Assassin, les planètes s’alignent, alors rendez-vous au Théâtre du Palais Royal à partir du 21 août 2026 !