Tito Clément a rêvé de l'Olympia avant d'en faire un spectacle
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Vous connaissez ce frisson qui vous traverse quand votre artiste monte sur scène ? Ce frisson, c’est ce que Tito Clément fait revivre dans son spectacle MÉMOIRE(S) DE L’OLYMPIA, en incarnant ces légendes qui ont marqué la salle.
On est le 13 novembre 1997, l’Olympia rouvre après sept mois de travaux. Stanislas - joué par Tito Clément - agent de maintenance, installe la nouvelle « servante », cette petite lumière qui reste toujours allumée sur scène, même quand la salle est vide. Tout en travaillant, il se confie à elle et lui dévoile toutes les anecdotes et les secrets qu’il a accumulés depuis 1954.
Accompagné au piano par Romain Budin, Tito Clément prête sa voix aux légendes qui ont foulé ses planches - de Piaf à Brel, en passant par Aznavour et Frank Sinatra - pour faire revivre l’âge d’or de la salle sous la direction de Bruno Coquatrix.
Et pour mieux comprendre le projet, on a eu la chance de pouvoir interroger Tito Clément en personne !
Question : D'où vous vient cette fascination pour l'Olympia, et quel lien intime entretenez-vous avec ce lieu mythique ?
« Ma relation était d’abord un rêve, une ambition de jeunesse. J’ai grandi biberonné à la variété française : je voyais ces artistes excités et stressés à l’idée de faire leur premier Olympia, et j'ai compris le lien spécial qu'ils entretenaient avec cette salle. J’ai vraiment ressenti ce culte de l’Olympia comme un passage obligé. Puis un jour, bien plus tard, en 2014 - j’étais alors ami avec Jean-Michel Boris (directeur de l'Olympia jusqu'en 2001) - je fais un rêve : je suis sur la scène de l’Olympia, je finis de chanter et Jean-Michel Boris est à côté de moi. Je me suis réveillé en me disant qu’il y avait un fil à tirer sur son histoire et ses anecdotes - il en était rempli ! J’ai d’abord cherché quelqu’un pour écrire, sans succès. Convaincu par l'idée, j'ai fini par écrire moi-même. Puis j’ai cherché quelqu’un pour jouer, sans succès encore. C'est en travaillant avec le metteur en scène que nous avons créé le personnage de Stanislas et la mise en scène de la pièce. »
Comment s'est déroulé le processus d'écriture de la pièce ?
« J’ai passé huit ans en recherches, nourries par de nombreux échanges avec Jean-Michel Boris, qui m’a notamment transmis des livres sur l’Olympia. Une fois bien renseigné, j’ai enchaîné sur une semaine d’écriture intensive pour sortir une première version. Je l’ai ensuite peaufinée, en vérifiant constamment chaque information auprès de Jean-Michel Boris. En 2020, j’ai rencontré le metteur en scène et nous avons créé Stanislas, ce personnage qui raconte tout ce qu’il a vécu de 1954 à 1997. C’est le metteur en scène qui a eu l’idée de la servante, ce qui apporte à la fois de la poésie et un volet éducatif pour le public. »
Trois mots pour décrire le spectacle, ce serait quoi ?
« La mémoire, comme le titre finalement, et le mythe aussi. Je dirais la bienveillance, parce que je rends hommage au passé qui a façonné le mythe de l’Olympia. C’est aussi le mot qui caractérisait Jean-Michel Boris, reconnu pour sa grande bienveillance envers les artistes. Mon but est que le public se replonge dans ces chansons, que ce soit pour raviver des souvenirs ou pour en découvrir de nouvelles, et que les plus jeunes s’y intéressent. C'est notamment le cas à travers les trois artistes moins connus que j’incarne : Gérard Berliner, Jean-Michel Caradec et Alain Leprest. J’aimerais donner envie au public d'explorer leur répertoire. Et quant aux jeunes, je cherche à leur faire comprendre ce qui rend l’Olympia aussi mythique et pourquoi cette salle fait toujours autant rêver les artistes d'aujourd'hui. »
Y a-t-il une réaction ou un retour de spectateur particulièrement touchant qui vous a marqué après une représentation ?
« Ce qui me touche particulièrement, c’est quand des personnes ayant travaillés à l’Olympia me demandent si j’y ai travaillé, alors que pas du tout ! Je n'y suis allé qu'en tant que spectateur et, à de rares occasions, en coulisses, mais bien après avoir entamé l'écriture de la pièce. »
Si vous deviez choisir une chanson pour représenter la pièce, laquelle ce serait ?
« Je dirais Amsterdam de Brel, car au fil de mes recherches, j’ai découvert que le soir de ses adieux reste l’un des moments les plus forts de l’histoire de l’Olympia, un souvenir vraiment marquant. La version célèbre d’Amsterdam est précisément celle enregistrée sur cette scène : elle était chargée d’une telle force émotionnelle qu’il a été impossible de la reproduire en studio. La version que l’on connaît tous est donc celle de l'Olympia, en 1964. »