
Jésus et Jésus
Jérusalem, an 33. Après trente ans de prédication dans une indifférence à peu près générale, Jésus et ses derniers fidèles sont épuisés. Il est peut-être temps de repenser la stratégie. Mais au moment où l’équipe tente un ultime brainstorming, un autre Jésus, plus jeune et beaucoup plus populaire, commence à attirer les foules. Et manifestement, il n’y a pas la place pour deux messies.
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L'équipe artistique
De LM Formentin
Mise en scène Jacques Connort
Interprétation Jean-Paul Farré, Philippe Magnan, Jean-Jacques Moreau et Yvan Varco
La critique de l'Affiche
L'avis de
Angèle
Oyez la Bonne Nouvelle : une comédie malicieuse sur Jésus !
Quelle bonne surprise que cette "comédie évangélique" originale et inattendue ! Sur une scène recouverte de tapis orientaux, où se trouve aussi un paperboard, trois hommes âgés préparent un apéritif pour la Pâque. On est en l'an 33 de notre ère, à Jérusalem, et ils se plaignent que leur activité consistant à prêcher la bonne parole de Jésus ne rencontre plus aucun succès, en raison de la concurrence d'un autre Jésus plus jeune et charismatique que leur "rabbi".
Celui-ci leur demande de se renseigner sur ce concurrent afin d'élaborer une stratégie de reconquête de leur marché.
La pièce comporte un ressort dramatique, car les trois disciples contestent "l'excès de verticalité" de leur maître (joué par Yvan Varco) et voudraient s'émanciper, mais c'est évidemment son potentiel comique qui s'impose. Cette fiction est d'abord la source de réjouissants anachronismes, les méthodes de marketing étant appliquées à la prédication spirituelle du premier siècle de notre ère ! Elle permet ensuite de présenter Jésus vu par un concurrent contemporain ce qui évidemment le désacralise de manière tout à fait rafraîchissante et amusante.
Mais si la pièce se veut essentiellement comique, elle n'est pas dénuée de substance : une (toute petite) culture biblique permet d'apprécier les références aux paraboles ou à certains épisodes de la vie de Jésus, voire de réfléchir sur le message de l'Évangile
Le potentiel scénique de ce bon texte est décuplé par les quatre interprètes. On a là quatre vieux briscards, quatre septuagénaires habitués des salles parisiennes, quatre personnalités possédant leur métier à fond, heureux de jouer, qu'on a grand plaisir à voir réunis. Chacun dessine son personnage en fonction de son tempérament : candeur de Jean-Paul Farré, flegme de Philippe Magnan, autorité charmeuse d'Yvan Varco, roublardise de Jean-Jacques Moreau. Un régal, copieusement applaudi.







