
Katte
En 1730, le jeune prince Frédéric de Prusse rêve de musique et de poésie, tout ce que son père, le roi Guillaume, méprise. Entre ce souverain obsédé par la guerre et ce fils épris de liberté, l’affrontement semble inévitable. Lorsque Frédéric tombe amoureux du jeune officier Hans-Hermann von Katte et envisage de fuir vers la France, le drame se met en marche.
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L'équipe artistique
Auteur Jean-Marie Besset
Mise en scène Frédérique Lazarini
Avec Tom Mercier, Philippe Girard, Nemo Schiffman, Odile Cohen, Marion Lahmer, Stéphane Valensi, Thomas Paulos
Scénographie Régis de Martrin-Donos
Lumières Didier Brun
Costumes supervisés par Jean-Marie Besset
Robes créées par Emmanuel Courau
Réalisation des costumes Laurence Cucchiarini
Son François Peyrony
Non seulement on est plutôt très intéressés par le travail de Jean-Marie Besset qu'on suit depuis des années, mais l'idée de voir une tragédie en alexandrins écrite en 2026, on doit reconnaître que ça nous fait un peu kiffer.
La critique de l'Affiche
L'avis de
Angèle
« L'histoire est passionnante et sa forme ambitieuse
Plaira aux amateurs de choses sérieuses »
Le sujet de cette pièce est historique et terrible. Au début du XVIIIė siècle, le futur Frédéric II de Prusse est en butte à l'hostilité brutale de son père, « le roi-soldat", qui ne supporte pas son intérêt pour les choses de l'esprit et, surtout, son attirance pour les hommes, « vice infâme » selon les termes de l'époque. Il fera exécuter sous ses yeux son amant, Hans von Katte.
On sait que Jean-Marie Besset, auteur contemporain de grand talent, s'est toujours intéressé au rôle qu'a pu jouer dans l'histoire l'homosexualité. Avec "Katte", il s'est de plus lancé un défi : écrire une tragédie en cinq actes et en vers de la manière la plus classique qui soit, avec récit et monologue délibératif.
Dans cette forme ambitieuse mais quelque peu archaïque réside à la fois l'intérêt et la limite du spectacle. L'alexandrin est de bon aloi, dense et sans cheville, non sans pastiche parfois (qu'il soit racinien - "Accueillez avec joie un prince malheureux" ou hugolien) ; les comédiens le disent fort bien. Mais le vers est un obstacle lorsqu'il faut expliquer clairement une situation complexe et, de plus, mal connue du public français. Ce choix oblige le spectateur à une grande attention, qui peut devenir tension. Au bout d'un certain temps le vers donne une impression de monotonie. Peut-être aussi la mise en scène de Frédérique Lazarini aurait-elle pu davantage se renouveler à partir de l'acte III ?
Cependant, il existe un public pour cette production, qui est très soignée. Les costumes d'époque sont beaux, les acteurs excellents, en particulier Valérian Geay en prince Frédéric. Certaines scènes sont fort réussies, dont celle, lyrique, où Frédéric et Katte évoquent leur rencontre à la fois sentimentale et érotique.
Peut-être Jean-Marie Besset s'est-il assigné une tâche un peu folle, mais il a embarqué avec lui une troupe qui parvient à faire vivre cette tragédie historique en alexandrins.

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