
La Vague
Dans une salle de classe, un professeur d’histoire propose à ses élèves une expérience pour comprendre comment naissent les régimes autoritaires. Très vite, ce qui devait rester un simple exercice pédagogique lui échappe. Inspirée d’une histoire vraie survenue en 1967, La Vague montre à quelle vitesse un groupe peut basculer quand le besoin d’appartenance prend le dessus.
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L'équipe artistique
Mise en scène Marion CONEJERO
Interprétation Rosalie COMBY, Marion CONEJERO, Anthony JEANNE, Thomas SILBERSTEIN, Alexis TIENO et Mathurin VOLTZ
Régie Thomas ELSENDOORN
Musique Raphaël ARCHAMBAULT
Lumière Romain BALAGNA
Administration Floriane BARDY / KIBLOS
Diffusion Philippe Chamaux
Régie générale Didier DUVILLARD
Conception Daniel PERAUD
Costumes Michèle PEZZIN
Pour toute une génération d’élèves germanistes, La Vague est bien plus qu’un film : c’est un souvenir de collège dont on se remet difficilement. Autant dire qu’on est très curieux de voir ce que cette histoire peut produire sur scène.
La critique de l'Affiche
L'avis de
Martin
Je vous avoue que, personnellement, je n’avais pas vu le film de 2008. J’ai donc découvert ce spectacle sans référence en tête, avec simplement l’envie de découvrir cette histoire dingue, tirée de faits réels. En 1967, un professeur d’histoire a mené une expérience : il a tenté d’instaurer un régime totalitaire dans sa classe, sous la forme d’un jeu de rôle, pour montrer les mécanismes du fascisme. Jusqu’au moment où l’expérience déborde de façon inattendue. Le sujet est passionnant puisque l’objectif était de montrer qu’un tel régime pourrait surgir de nouveau, et l’adaptation au théâtre crée une atmosphère particulièrement prenante et palpitante.
Ce qui est extrêmement intéressant, c’est de voir le mécanisme de manipulation à l’œuvre. Le spectacle met en lumière le cheminement vers l’influence totale. Les élèves ont chacun leurs préoccupations personnelles, chacun leur rapport à l’autorité, chacun leurs liens avec les autres et pourtant, ce nouveau groupuscule va réussir à répondre à chacune de leurs failles, une à une. On est mortifié de voir l’efficacité du processus autoritaire et l’on voit chacun basculer petit à petit, tant La Vague vient combler l’une de ses attentes. Le virus est lancé, il n’a plus qu’à se répandre. Évidemment, il y a un écho terrifiant avec notre situation politique : en assistant à un tel spectacle, je pense que l'on prend un peu plus conscience de la dangerosité de ces mouvements.
Il faut dire que l’adaptation au théâtre est redoutable et ajoute une véritable dimension glaçante au propos. On voit les visages changer et l’atmosphère s’alourdir de minute en minute. Les Chiens andalous ont signé une version incroyablement efficace. J’ai adoré l’intensité de la proposition artistique, portée par une scénographie, une mise en scène et un travail de lumières remarquables. J’ai également été subjugué par la distribution, avec une mention spéciale à Anthony Jeanne, qui brille par sa noirceur. Le résultat est un spectacle aussi captivant par son propos que saisissant artistiquement. C’est ça, mettre véritablement le théâtre au service d’une histoire ! Brillant.









