
L'Avare
Harpagon règne sur le plus grand réseau de banditisme de Paris. Dans son monde, seuls comptent l’argent et le pouvoir. Mais à force de se méfier de tout le monde, le parrain finit par voir ses proches se retourner contre lui. Et cette fois, le public devra choisir : aider Harpagon… ou ceux qui veulent le faire tomber.
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L'équipe artistique
De Molière
Adaptation et mise en scène Tigran Mekhitarian
Interprétation Nicolas Lebricquir, Etienne Paliniewicz, Chloé Lorphelin, Délia Espinat Dief, Maxime Gleizes, Julia Cash, Axel Giudicelli, Tigran Mekhitarian
La critique de l'Affiche
L'avis de
Martin
L'année dernière, nous avions découvert à Avignon, et beaucoup aimé, Le Malade imaginaire par Tigran Mekhitarian. Alors forcément, en voyant qu'il s'attaquait cette année à L'Avare, on avait hâte de voir où il allait emmener l'œuvre ! Il faut dire que le metteur en scène est désormais une référence de ces « classiques pas siclassiques », où Molière se retrouve bousculé sans jamais perdre son âme.
La première chose qui surprend, c'est cette liberté assumée. Le texte n'est pas respecté à la lettre : des expressions d'aujourd'hui s'invitent dans les dialogues, quelques gros mots fusent, certains costumes et accessoires semblent tout droit sortis de notre siècle. À première vue, ce mélange pourrait dérouter. Et pourtant, comme dans ses précédents spectacles, cela fonctionne toujours à merveille. Comme si l'on installait un meuble Louis XIV au beau milieu d'un salon contemporain : l'ensemble est détonnant, mais si cohérent qu'il en devient percutant. Il a utilisé exactement la même recette que pour Le Malade imaginaire, et c'est toujours aussi efficace. L'histoire est intacte et, surtout, elle résonne avec une force presque troublante. L'avarice, le mensonge, la manipulation, les inégalités sociales, les mariages imposés… C'est toujours d'actualité ! Dans sa version, Harpagon est particulièrement effrayant, prêt à dégainer un revolver sur son propre fils.
Nous voilà emportés dans un spectacle qui ne nous laisse pas une seconde de répit. Huit comédiens se partagent la scène avec une énergie folle, mêlant théâtre, danse et chant. Au milieu de cette effervescence, la langue de Molière est étonnamment limpide. Une belle manière de faire découvrir ces grands classiques à un public curieux, jeune ou moins jeune, qui n'aurait peut-être jamais osé s'y aventurer. On ressort de cette relecture de L'Avare avec le sentiment d'avoir redécouvert un monument du théâtre sous un jour nouveau, différent et cohérent. Un spectacle qui cogne, qui fait rire, qui touche, porté par une troupe remarquable. Bravo !






