
Le premier homme
À la recherche d’un père qu’il n’a jamais connu, Albert Camus retourne en Algérie alors que le pays s’enfonce dans la violence. Il retrouve sa mère, ainsi que son ancien instituteur, un colon de son village natal. Au fil des rencontres, la quête devient plus intime. Camus cherche ses origines, mais aussi sa place entre deux terres qu’il aime et qui semblent ne plus pouvoir cohabiter.
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L'équipe artistique
Mise en scène Benoit Giros
Interprétation Jean Alibert, Elisabeth Bouchaud, Emmanuel Dechartre et Félicien Juttner
Collaboration artistique Véronique Bret
Création lumière Philippe Sazerat
Scénographie Luca Antonucci
Création son Mme Miniature
Vidéo Thomas Bouvet
Costumes Sarah Leterrier
La critique de l'Affiche
L'avis de
Mordue
Il y en a trois, des "premier homme", au OFF cette année. Deux d'après Camus, et une comédie. Ayant déjà vu - et validé - la comédie, il était temps de m'attaquer à Camus. Avec une certaine appréhension, je l'admets : ni son théâtre ni ses romans ne trouvent vraiment grâce à mes yeux. Mais Le premier homme, c'est encore différent, puisque c'est une adaptation théâtrale de sa dernière oeuvre restée inachevée, les écrits ayant été retrouvés dans le coffre de la voiture dans laquelle Camus a trouvé la mort.
La première chose qui frappe, malgré ma totale méconnaissance du sujet - de tous les sujets, en fait, que ce soit sa vie, son rapport à ses parents, ou son engagement politique - c'est à quel point le spectacle est accessible. Le texte mêle extraits de l'œuvre et récit scénique avec une fluidité remarquable. On sent la couture, ces moments où, tout d'un coup, c'est la prose de Camus qui prend le relai, mais loin d'être un obstacle, elle devient une porte : on a l'impression d'entrer directement dans son esprit.
Moi qui me croyais imperméable à cet univers, me voilà happée. Il faut dire que Félicien Juttner est parfaitement le rôle. Ni dans la performance, ni dans la démonstration, il est ce qu'on appelle habité. Il transmet avec beaucoup de finesse les doutes, les combats, les interrogations de Camus, et leur donne une humanité qui touche juste.
Nous voilà suspendus à ses lèvres. Et son propos est passionnant. La parole de Camus sur l'Algérie, sage, modérée, ni dans le camp ni dans l'autre, fait résonner ses doutes avec les nôtres. Sans jamais quitter l'Algérie, les questions deviennent évidemment universelles, et le spectacle, lui, prend une tournure à la fois humaine et politique. Une belle surprise, en somme.











