
L'homme de parole
Si vous deviez imaginer parler pour la dernière fois, quelles seraient vos ultimes paroles ? Ce soir, Benoît jouera peut-être sa dernière. Demain, après cette interprétation de Franz Kafka, il arrêtera de parler. Il va alors décider de substituer ses propres paroles à celles de Kafka, en se donnant l'occasion de se raconter.
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L'équipe artistique
Mise en scène Eric Metayer
Interprétation Véronique Boulanger
Le texte est de l'auteur du best seller "La liste de mes envies", le metteur en scène celui des "Chatouilles", l'actrice qu'on a vue jadis dans "Les Belles soeurs" a une présence très singulière et on ne connaît pas encore le théâtre du Verbe fou. Trop de bonnes raisons d'aller découvrir ce spectacle !
La critique de l'Affiche
L'avis de
Angèle
Véronique Boulanger entre sur la scène, où se trouve déjà une malle cabine qui lui servira de loge au besoin. Cheveux tirés, beau visage un peu émacié, costume masculin, elle sera, avec sa voix légèrement éraillée si caractéristique, Benoît, un comédien.
Annoncé comme devant lire la "Lettre au père" de Kafka, son discours bifurque vers sa propre histoire et c'est à nous que Benoît raconte comment il est devenu comédien, c'est-à-dire « homme de parole ». Le déclic initial est justement lié à son père, dont Benoît enfant a fait revenir la mémoire perdue en imitant un ami. Première marque de la puissance du « devenir un autre ». Dès lors le texte mêlera un récit de vie et une réflexion sur cet étrange métier qui consiste à prêter son corps à d'autres êtres .
C'est un joli texte, très bien écrit, qui fait réfléchir sans pesanteur. On suit le parcours d'un comédien ordinaire, qui travaille sans jamais devenir une star, avec ses moments de grâce et ses moments de doute.
La simplicité (c'est un éloge !) du jeu de Véronique Boulanger est à l'image de ce comédien qu'elle incarne : un acteur probe, pas cabot, qui fait bien son métier (un homme de parole au sens moral). Cela n'empêche pas qu'elle nous trouble lorsque le texte aborde le rapport avec le public et que l'on mesure la puissance de déstabilisation qui est la nôtre, à nous spectateurs, pour peu que nous toussions ou gigotions.
La fin prend une dimension plus sombre, celle de la maladie, mais Véronique Boulanger n'essaie pas de nous tirer des larmes. Jamais emphatique, elle garde ce ton modeste, authentique, qui ajoute au texte, sans y toucher, une dimension éthique.















