
Ligne ouverte
Cette nuit encore, ils seront des dizaines à appeler. Un ouvrier solitaire, une adolescente curieuse, un religieux en plein doute, une ouvreuse de cinéma porno… Tous confient leurs secrets, leurs colères ou leurs angoisses à l’antenne d’une radio de nuit. Au fil des appels, les histoires se croisent et composent peu à peu le portrait d’une société qui cherche, elle aussi, quelqu’un pour l’écouter.
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L'équipe artistique
D'après le roman de Gonzague Saint-Bris Ligne ouverte au coeur de la nuit
Mise en scène et dramaturgie Vassili Schémann
Avec Chloé Larrère, Anthony Ruotte et Gabriele Simonini
Lumière Laurent Schneegans
Assistanat mise en scène Laura Ughetto
Création sonore Adrien Pinet
Costumes et scénographie Micha Morasse assistée de Zoé Ceulemans
Regard extérieur Alice Borgers
Avec l'aide d'Isabelle Lafon
La critique de l'Affiche
L'avis de
Nolwenn
On entre dans une salle obscure, à l’exception d’un rond de lumière au centre de la scène. Au centre de ce rond, une radio posée à même le sol.
Le public s’installe, la radio grésille. Elle annonce le début du spectacle, sur fond de Gymnopédies, musique qui nous suivra jusqu’à la fin de la pièce.
Ligne ouverte, n’est pas seulement le nom du spectacle, c’est avant tout celui de l’émission de Gonzague Saint-Bris, diffusée dans les années 70. Elle proposait, en toute simplicité, une ligne téléphonique ouverte, au beau milieu de la nuit, que tout le monde pouvait joindre. Il en reste des milliers de témoignages diffusés, à l’époque, à la radio.
On traverse l’histoire de l’émission dans un récit chronologique, presque biographique. Parmi plus de 900 émissions, des confessions permises par la nuit construisent la narration. Au bout de la ligne, des personnes qui ont pour seul point commun de suivre l’émission se confient. De la nuit et d’un semblant d’anonymat, résultent des échanges sincères, intimes, vrais. Gonzague Saint-Bris confiait : « la nuit est le dernier refuge de la vérité ».
Cette vérité nous suit tout au long de la pièce. Les histoires se suivent, se répondent parfois. Elles nous emmènent souvent dans une part plus secrète de la vie des gens. Pourtant je ne me suis jamais sentie de trop dans le public. Je n’ai pas eu l’impression d’écouter une conversation qui ne m’était pas destinée. Au contraire, j’écoutais attentivement des souvenirs et des fragments de vie qui n’attendent qu’une oreille attentive.
Cette pièce montre le besoin universel de se sentir écouté et entendu, d’affronter la solitude aussi. Elle nous rappelle qu’on n’ose pas toujours aborder les sujets délicats. Pourtant, on a cruellement besoin de se confier. Depuis nos sièges, on ressent le désespoir de celles et ceux qui ne parlent pas à leur entourage. Je me sui demandée si j’aurais appelé Gonzague Saint-Bris à leur place. Si j’aurais réussi à lui partager un bout de ma vie, lui demander un conseil ou un avis.
Ligne ouverte ne parle pas seulement d’une émission, elle aborde des sujets banales comme improbables, inhabituels. Le deuil, les amourettes, la foie et les premières fois, le travail, les relations intimes, la mémoire… On entend l’hésitation de la première phrase, la pudeur qui se dissipe. On ressent la tension, l’intensité des joies, des doutes, des douleurs, des espoirs et des idées confrontées à la réalité. Chaque sujet, même le plus difficile est abordé en douceur par la comédienne Chloé Larrère et les comédiens Anthony Ruotte et Gabriele Simonini. Tous trois sont à la fois attachant•es et bienveillant•es. J’en suis ressortie avec un grand sourire !



















