
Mademoiselle Julie
Le soir de la Saint-Jean, Julie, fille d’aristocrates, et Jean, le valet de son père, se rapprochent. Elle rêve d’échapper à sa condition, lui de gravir les échelons. Entre désir, pouvoir et rapports de classe, cette nuit va faire basculer leurs vies… sous le regard de Christine, la fiancée de Jean.
2026-07-04
21:55
2026-07-05
21:55
2026-07-06
21:55
2026-07-07
21:55
2026-07-08
21:55
2026-07-10
21:55
2026-07-11
21:55
2026-07-12
21:55
2026-07-13
21:55
2026-07-14
21:55
2026-07-15
21:55
2026-07-17
21:55
2026-07-18
21:55
2026-07-19
21:55
2026-07-20
21:55
2026-07-21
21:55
2026-07-22
21:55
2026-07-24
21:55
2026-07-25
21:55
L'équipe artistique
Mise en scène Jocelyn LAGARRIGUE
Interprétation Ines GARTOTE, Rayana HOROWITZ et Kostia TOURJANSKY-GOFFI
La critique de l'Affiche
L'avis de
Nolwenn
Dès l’entrée, on se retrouve face aux personnages. Ils écoutent la radio, face à nous mais le regard perdu dans le vide. Cette première image annonce le tempo : lent sans être calme, une attente dans laquelle se construit la tension. L’histoire se déroule, on devient les témoins des dynamiques de pouvoir malsaines qui s’installent et vacillent sans jamais basculer complètement, entre deux personnages opposés.
Mademoiselle Julie est noble. Jean est son serviteur. Elle est une femme, lui un homme. Il a de l’ambition, se soucie du regard des autres. Elle veut s’échapper, à la fois passionnée et plus insouciante que lui. Chacun veut la place de l’autre, socialement. Elle cherche à descendre, lui cherche à monter. Il rêve du monde d’en haut et du château comme on rêverait d’un paradis. Il s’y voit déjà, elle le lui reproche : « Vous parlez comme si vous étiez déjà au dessus de moi. ».
La scénographie très simple laisse libre cours à notre imagination, on se construit des images de château et de fête de village, autour de deux personnages que l’on ne peut pas apprécier pleinement. Ils nous entrainent dans les engrenages de leurs vies alors on se demande « jusqu’où vont-ils aller ? ».
Entre la peur de Jean du “qu’en dira-t-on” et la fierté de Julie, l’importance qu’ils donnent tous deux aux apparences, ils entrent dans la démesure, et nous avec eux. Ou plutôt, ils nous forcent à les suivre, puisque leurs plans sur la comète et la nécessité de sauver leur honneur dépassent notre raison. A deux, ils dessinent sous nos yeux les tensions, les limites : des barrières invisibles qu’on ne peut franchir. Un égarement de quelques minutes prend des proportions irréelles, les conséquences sont cruelles.
Julie et Jean vivent leurs espoirs mais, depuis notre fauteuil dans le public, on connait la fatalité, on sait l’inévitable. On les observe s’enfoncer doucement dans leurs peurs. Peu à peu, ils découvrent - et nous avec eux - l’envers du décors de la vie de l’autre. Les mondes d’en haut et d’en bas ont leurs part de déception. Alors ils tournent en boucle, chacun coincé dans sa propre réalité et ses envie.
Définitivement, celle qui a tout n’en veut plus et celui qui n’a rien rêve de son tout. Nous, on traverse cette soirée avec eux, en ressentant toutes les tensions dans nos tripes.



















