
Mata Hari, titre provisoire
Une comédienne monte sur scène pour devenir Mata Hari, mais s’éloigne peu à peu du scénario. Elle rejette un texte qu’elle trouve trop intellectuel et refuse de raconter l’histoire de l’espionne. Entre ironie, danse, chant, colère et faux pas, elle chute puis se relève. Peu à peu, la frontière s’efface : l’actrice et son personnage se mêlent.
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L'équipe artistique
Mise en scène Paul Sebastián Mauch
Interprétation Olivia Algazi
Texte Maurici Macian-Colet
Scénographie Marie-Camille Orlando
Costumes Caroline Martel
Création lumière M. Macian-Colet
Création son Rémy Moncheny
Chorégraphie Eugenia Carnevali (accompagnement Danse contemporaine), Kadek Puspasari (accompagnement Danse indonésienne)
Chant Marie-Thérèse Rivoli (accompagnement de la voix), Mélanie Dahan (accompagnement de la voix)
Graphisme Anne Cabarbaye (Affiche)
Collaboration artistique Jane et Tomas David
La critique de l'Affiche
L'avis de
Mordue
Ce n'est pas le premier spectacle sur Mata Hari que je vois. Mais comme je croyais encore qu'il s'agissait d'un personnage oriental quelques semaines avant le spectacle, c'est que les précédents n'avaient pas dû beaucoup me marquer. Comment raconter Mata Hari ? Le pari semble impossible tant ce personnage est multiple. Mata Hari (titre provisoire) a donc fait un choix radical : celui de ne pas choisir.
Ça commence comme un stand up. Si vous attendiez le biopic classique, peut-être devriez-vous passer votre chemin. Quoique. La nouveauté a du bon. Il y a d'abord la surprise, le sourcil qui se fronce, puis c'est un vrai intérêt qui prend le dessus. Moi qui suis une habituée du biopic, cette forme différente m'a séduite. Elle évite l'écueil du déroulé linéaire en mêlant l'histoire vraie de Mata Hari, à travers des scènes de sa vie, à une forme très libre de spectacle.
L'ensemble forme un tout vraiment cohérent. Étrange et protéiforme, mais cohérent, qui déroule toujours son fil, chaque saut de forme semblant répondre plus à une nécessite qu'à un caprice. Le spectacle se réinvente constamment, à la manière de son héroïne, emportant toujours le spectateur avec lui.
Il faut accepter de se laisser porter, de ne pas toujours comprendre le pourquoi du comment, car on finit toujours par retomber sur ses pattes. Les différentes formes permettent de mettre d'autres éléments de la vie de Mata Hari en valeur - espionne certes, danseuse oui, mais libre, mais féministe, mais visionnaire. Olivia Algazi incarne toutes ses facettes avec brio, nous laissant non pas la certitude de connaître le personnage, mais le sentiment d'en avoir réuni tous les contours. Jusqu'à dessiner une femme.






