
On ne badine pas avec l'amour
Camille et Perdican s’aiment. Enfin, ils s’aiment surtout assez pour se faire souffrir. Par orgueil, aucun des deux ne veut l’avouer. Alors ils se provoquent, se manipulent et entraînent malgré eux la jeune Rosette dans leur jeu. Chez Musset, l’amour est rarement un long fleuve tranquille. Et quand les masques tombent, il est souvent trop tard.
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L'équipe artistique
De Alfred de Musset
Mise en scène Manon Giraudon-Nicolaï
Interprétation Marie Bournazel, Raphaël Deshogues, Marcia Feugeas, Benoît Garrigos, Thomas Jeandheur, Robin Manella, Lara Raymond
Lumières Mathilde BARDZAKIAN
La critique de l'Affiche
L'avis de
Martin
Quand on va voir un classique, on voit souvent deux types de spectacles : ceux qui restent assez classiques, avec des choix artistiques respectant l’époque et le lieu de l’histoire d’origine, et ceux qui décident de le transposer dans un autre temps, un autre univers, une autre ambiance. Avec cette version d’On ne badine pas avec l’amour, j’ai l’impression qu’ils ont décidé de mixer les deux. Vous pouvez alors trouver des costumes d’époque avec des écouteurs Apple ou un décor baroque alors qu’on est au centre d’un quartier populaire. Pourquoi pas ! Laissons-nous porter par la proposition et voyons.
C’est un grand plaisir d’entendre ce texte et cette histoire de Musset, aussi bouleversante que passionnante. On se plonge dans la complexité du sentiment amoureux, de l’orgueil, de la vengeance. J’ai été scotché par les confrontations entre Camille et Perdican : l’intensité du texte, magnifiée par un jeu précis, nous aspire et nous captive. Les scènes dansées offrent une respiration qui fonctionne très bien. J’ai, par contre, été bien moins convaincu par les interprétations des autres personnages, volontairement surjouées pour coller au burlesque du texte de Musset. Je pense que le texte aurait suffi à nous faire sourire s’il avait été joué avec plus de précision.
Cependant, le spectacle offre une très belle porte d’entrée dans la tragédie de Musset, avec une vision moderne intéressante. J’espère simplement qu’ils trouveront un meilleur équilibre pour les personnages secondaires. Comme ils ont su merveilleusement le trouver avec Camille et Perdican. Et rien que ça, ça vaut le coup.

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