Les actus théâtre de février 2026

Nouveau visage Rue de Valois, dragons chez Shakespeare, Opéra participatif à 700 voix, Off d’Avignon sous tension et billetteries en surchauffe : février ne s’est pas contenté de faire tourner les projecteurs, il a aussi fait trembler quelques murs. On vous déroule tout, sans costume d’apparat mais avec l’œil bien ouvert.
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Les actus théâtre de février 2026
Sommaire

De Versailles à la Rue de Valois

Changement de décor : Catherine Pégard quitte l’Élysée pour prendre la tête du ministère de la Culture, en remplacement de Rachida Dati. Ancienne journaliste, passée par le cabinet Sarkozy puis douze ans à la présidence du Château de Versailles, elle arrive avec une réputation d’entregent redoutable et de mécénat efficace. Fidèle parmi les fidèles d’Emmanuel Macron, elle sera sans doute la dernière ministre de la Culture du quinquennat. Au menu : le chantier XXL du Louvre Renaissance, la réforme de l’audiovisuel public et quelques équilibres budgétaires sous haute tension. Bref, pas exactement une promenade dans les jardins à la française.

Source : Le Monde

Roméo et Juliette : la vraie surprise, c’est la billetterie

On voulait vous annoncer tranquillement le retour de Roméo et Juliette en 2027. Sauf qu’entre-temps, la billetterie a explosé. Plus de 30 000 places parties en un week-end. Oui oui, vous avez bien lu, un week-end. Résultat : 15 nouvelles représentations ajoutées à partir du 16 décembre 2027. Mise en vente le 19 février à 10h - et vu le rythme, mieux vaut être à l’heure. L’amour est éternel, visiblement les files d’attente aussi.

Source : JDS

Le Roi Fou passe chez Shakespeare

La Royal Shakespeare Company monte cet été The Mad King, préquel de Game of Thrones situé dix ans avant la saga. Complots, dynasties, folie du pouvoir : George R. R. Martin revendique l’inspiration shakespearienne, la RSC boucle la boucle. Et les dragons prennent leurs quartiers à Stratford.

Source : Le Figaro

Off d’Avignon : 60 ans… et le Fonpeps raboté

Le Off s’apprête à souffler ses 60 bougies. Mauvais timing : le Fonpeps, fonds d’aide à l’emploi des petites structures, est prolongé mais son plafond est divisé par deux. À Avignon, l’enveloppe pourrait passer de 4,8 à 2,2 millions d’euros. Nouveaux critères, aides resserrées, obligation de jouer au moins trois dates : pour beaucoup de compagnies, l’équation ne tient plus. Les organisateurs parlent d’une “création à deux vitesses”. Les syndicats redoutent le retour à des équipes payées au lance-pierre. Le Off reste une vitrine. Reste à savoir qui pourra encore se payer l’exposition.

Source : Libération

Quand la conférence fait son show

Le climat avec Frédéric Ferrer, la propagande avec Sébastien Valignat, l’océan avec David Wahl : sur scène, le PowerPoint est devenu un art dramatique. Ce qui pourrait n’être qu’un exposé devient théâtre, et le public suit, captivé par cette manière d’apprendre sans avoir l’impression d’y être obligé. Le fond est sérieux. La forme, malicieusement théâtrale. Et le public, lui, en redemande !

Source : Le Figaro

Balasko & Berry : en scène, en bloc

Josiane Balasko et Marilou Berry enfin réunies sur scène... et pas pour faire joli ! Dans la pièce signée Jean Robert-Charrier, elles plongent dans l’emprise et les violences conjugales, avec une mère qui refuse de laisser sa fille sombrer. Chez elles, le féminisme n’est pas un hashtag de saison. Balasko rappelle ce que sa génération a encaissé. Berry pointe une société obsédée par le corps des femmes. Sur le plateau, ça joue frontal, sans minauderie, avec cette complicité qui ne s’invente pas. Un duo mère-fille qui ne baisse pas les yeux - ni le volume.

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Source : Libération

Même rôle, autre visage

Ils reprennent des rôles déjà adorés du public : Stéphane De Groodt succède à Arditi dans La Vérité, Philippe Torreton marche dans les pas de Keating au Théâtre Antoine, Marc Citti remplace Guillaume de Tonquédec dans Mon jour de chance. Pas question de copier-coller. Tous parlent d’appropriation, de rythme à trouver, de costume à ajuster à sa taille. Respecter la mise en scène, oui. Imiter, non. Au théâtre, un rôle ne s’hérite pas : il se réinvente.

Source : Le Figaro

La Comédie-Française s’invite à Moulins

Pendant que Comédie-Française ferme Richelieu pour travaux, ses fantômes élégants prennent la route. Direction le Centre national du costume et de la scène, qui réaménage dès le 7 février son espace permanent autour du “Français”. Tableaux et bustes des XVIIIe et XIXe siècles dialoguent avec une vingtaine de costumes sortis des réserves. Une manière chic de faire voyager la troupe… sans lever le rideau. Et un avant-goût des 20 ans que le CNCS prépare pour 2026.

Source : La semaine de l'Allier

Le TNP cherche son cap

À Villeurbanne, le Théâtre national populaire avance sur un fil : direction sur le départ, budget serré, et voilà qu’on parle de « rapprochement » avec le Pôle Pixel, royaume des studios et du numérique. Fusion ? Non. Synergies, promet-on. Mais l’annonce a jeté un froid, surtout en plein recrutement de la future direction. En creux, c’est la même interrogation qui revient : comment un CDN historique reste-t-il fidèle à sa mission de création, quand les équilibres budgétaires se resserrent et que le numérique s’invite à la table ?

Source : La Croix

Ça joue à guichets fermés… mais ça tousse en coulisses

65 millions de spectateurs en 2024 : sur le papier, le spectacle vivant tient debout. Aux Biennales internationales du spectacle, le discours était tout autre. Subventions rabotées, diffusion qui cale, collectivités qui lèvent le pied, tournées qui rétrécissent, producteurs qui freinent les créations... Au Off d’Avignon, 80 % des spectacles auraient vendu moins de cinq dates après le festival. Même le Fonpeps, filet de sécurité pour les petites salles, pourrait fondre dans les prochaines années. Le rideau continue de se lever tous les soirs. Maintenant, il faut que la machinerie suive...

Source : Les Échos

Hamnet relance la fièvre Shakespeare

Le film Hamnet, adapté du roman de Maggie O’Farrell et en lice aux Oscars, ne fait pas que collectionner les nominations : il remplit aussi les rues de Stratford-upon-Avon. +15 à 20 % depuis janvier : le cottage d’Anne Hathaway est redevenu une destination romantique. Signé Chloé Zhao, porté par Jessie Buckley et Paul Mescal, le film revisite le deuil de leur fils Hamnet, possible étincelle derrière Hamlet. Résultat : le mythe se réchauffe, les bus de touristes aussi. Quatre cents ans après sa mort, Shakespeare continue de faire recette. Même au box-office !

Source : Le Figaro

La Comédie-Française dans le rouge

Richelieu étant fermée pour travaux, la Comédie-Française a déployé sa troupe un peu partout à Paris. Résultat : loyers à payer, recettes partagées, coûts mal anticipés. Le déficit aurait flirté avec les 15 millions d’euros avant d’être resserré autour de 6 ou 7. Son nouvel administrateur, Clément Hervieu-Léger, a raboté 8 millions sur les travaux et promet de tenir la barre sans ralentir la création. L’État devrait couvrir le trou. En attendant, la maison de Molière joue serré : hors les murs, les salles affichent complet, mais l’équation reste fragile. Le Français rayonne. Les comptes, un peu moins.

Source : Telerama

Nantes : quand la culture entre en campagne

À Nantes, la bataille des municipales 2026 passe aussi par les plateaux. Le soutien de Phia Ménard à la maire sortante Johanna Rolland a déclenché un échange musclé avec le candidat de droite Foulques Chombart de Lauwe. En cause : un manifeste signé par plus de 150 artistes pour défendre la liberté de création et la politique culturelle nantaise. La droite dénonce une instrumentalisation et ressort d’anciens propos de l’artiste visant la police. La gauche contre-attaque et assume : “Nous sommes Phia.” Derrière la polémique, un vrai sujet : la culture comme ligne de fracture électorale. À Nantes, elle n’est visiblement pas une variable d’ajustement.

Source : Actu44

Roméo et Juliette, version “chante avec moi”

Écouter Gounod, c’est bien. Le chanter à 700, c’est autre chose. À Massy, le Théâtre des Champs-Élysées lance son nouvel opéra participatif avec Roméo et Juliette, adapté par Johanna Boyé. Le principe est simple : les enfants préparent les chœurs en amont, puis le chef se retourne vers la salle et 700 enfants font vibrer la salle à grands renforts de “Capulet !”. Décor poétique, jeunes solistes engagés, et un Gounod qui vient presque expliquer sa fabrique : on est loin du gadget pédagogique. Ici, l’opéra se partage. Et visiblement, ça chante fort !

Source : La Croix

Fascisme sur scène, chaos dans la salle

Huées, sifflets, jet d’orange : la première allemande de Catarina et la beauté de tuer des fascistes a dérapé à Bochum. Deux spectateurs sont montés sur scène pour tenter d’interrompre le monologue final, celui d’un personnage d’extrême droite qui déroule son programme pendant vingt minutes. La pièce, écrite par Tiago Rodrigues, interroge la violence en démocratie et la montée des extrêmes. La provocation est assumée. Les réactions aussi. Cette fois, le théâtre a débordé du cadre. Quand la fiction cogne, certains en oublient que c’est du théâtre.

Source : Le Figaro

Soleil voilé

Le Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine traverse une zone de fortes turbulences après des accusations de « dérives sexuelles » portées devant une commission parlementaire. Une enquête pour viol et agression sexuelle sur mineur est en cours. Dans un courrier, la metteuse en scène présente ses excuses - « j’aurais dû savoir » - tout en appelant à attendre les conclusions de l’enquête externe. Elle évoque aussi un possible passage de relais à Sylvain Creuzevault. En coulisses, la troupe affirme continuer à travailler et prépare la suite de Ici sont les Dragons.

Source : Sceneweb

Ça, c'est l'amour
Coup de coeur
Le mot de l'Affiche
« Une intimité qui bouleverse et bouscule. »