Les actus théâtre de septembre 2026

Dehors, ça manifeste. Dedans, ça joue quand même. Pendant que les budgets fondent et que les directions tombent, la salle Richelieu rouvre, Luchini enchaîne trois spectacles par semaine et Shakespeare récupère une pièce qu’on ne lui attribuait qu’à moitié. Octobre, version barricadée.
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Les actus théâtre de septembre 2026
Sommaire

Il était une fois… dans le West End

Pas de dixième film pour l’instant : Quentin Tarantino monte d’abord sur les planches. Il met en scène The Popinjay Cavalier, une comédie de cape et d’épée qui se passe dans l’Europe des années 1830, avec Sacha Baron Cohen. Ça se jouera au Phoenix Theatre de Londres, à partir du 23 février 2027 et pour trois mois. Si la pièce cartonne, elle deviendra son dernier film. Connaissant le bonhomme, on n'a qu'une chose à dire : premier rang, prévoyez un poncho !

Source : Le Figaro

Ça ira, ça ira…

Manifestations et couvre-feux bousculent les salles. Le samedi 24 octobre, Garnier et Bastille ferment leurs portes, comme les Célestins à Lyon. La Porte Saint-Martin barricade ses vitres mais continue de jouer Le Mariage de Figaro. À La Pépinière, l’odeur de lacrymo est entrée jusque dans le hall. Les réservations du week-end plongent, sauf pour Ça ira (1) Fin de Louis, la pièce de Pommerat sur 1789, dont les ventes s’accélèrent. Allez savoir pourquoi.

Source : Le Monde

Les théâtreuses reprennent la scène

De la Révolution à la Grande Guerre, des femmes ont écrit du théâtre, mais les scènes parisiennes leur restaient fermées. Dans son livre, la dramaturge Julie Rossello Rochet en réhabilite dix-huit. Parmi elles, Olympe de Gouges, dont Zamore et Mirza dénonçait la traite dès 1783, et Marya Chéliga, qui appelait les spectatrices à la révolte. Leurs pièces n’attendent plus qu’une chose : être programmées. Avis aux directeurs de théâtre.

Source : Libération

Luchini, primeur en alexandrins

À partir du 1er novembre, Fabrice Luchini joue trois seuls-en-scène en alternance, dans la même semaine : Victor Hugo, Cioran et Baudelaire. Le Baudelaire démarre en petit, au Petit-Saint-Martin, le temps de le roder. Cela fait plus de 2 000 spectateurs par semaine, à lui tout seul. Fils de marchand de fruits et légumes, il l’assume : il « tient un commerce » et a « une clientèle ». Au rayon frais, des auteurs.

Source : Le Monde

Shakespeare, auteur à 72 %

Publiée anonymement en 1596, Édouard III divise les spécialistes depuis plus de quatre siècles. Deux chercheurs anglais ont passé le texte à l’analyse linguistique informatisée. Verdict : Shakespeare en a écrit 72 %, alors qu’on lui en attribuait jusqu’ici 30 à 40 %. Le reste, scène finale comprise, serait de Christopher Marlowe, trahi par son mot fétiche, « martial ». Méfiez-vous de vos mots préférés : ils signent à votre place !

Source : Le Figaro

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Voltaire a de nouvelles voisines

Après neuf mois de travaux, la salle Richelieu rouvre le 15 octobre avec Ruy Blas, mis en scène par Julie Duclos. La pièce n’avait pas été montée au Français depuis vingt-cinq ans. Clément Hervieu-Léger en profite pour faire de la place aux femmes : les bustes des comédiennes sortent dans les espaces publics, et Nathalie Sarraute comme Marie NDiaye entrent au répertoire. Et l’IA ? « Le théâtre est le dernier rempart. » Avec un quart du public de moins de 28 ans, il a de quoi y croire.

Source : Le Figaro

Joséphine Derenne, une étoile au Soleil

Joséphine Derenne s’est éteinte le 30 septembre, à 87 ans. Elle a fait partie du Théâtre du Soleil presque dès sa création et y est restée jusqu’en 1983, de 1789 à La Nuit des rois. Ensuite, Peter Brook, Daniel Mesguich et Declan Donnellan l’ont fait jouer, Lelouch et Benoît Jacquot l’ont fait tourner. Pour la découvrir, revoyez le Molière d’Ariane Mnouchkine : elle y joue Madeleine Béjart.

Source : Théâtre au quotidien

Fais pas ci, joue ça

Pour son tout premier seul-en-scène, Guillaume de Tonquédec laisse la comédie de côté. Depuis le 26 octobre, au Théâtre de Paris, il joue Ta mère et moi, tiré de son livre. Il y raconte l’histoire d’amour de ses parents, la maladie de sa mère et son père devenu aidant, sans cacher ni son déni ni sa colère. Contre le trac, il glisse dans le décor une pierre de granit ramassée sur une plage bretonne, et l’embrasse chaque soir.

Source : Le Monde

Le cirque tire la sonnette d’alarme

Réunis au festival Circa, à Auch, les professionnels du cirque ont lancé un appel aux élus. Depuis 2019, l’État aide deux fois plus de compagnies, mais chacune touche beaucoup moins, et les emplois en CDI ont reculé de 15 % en deux ans. Même Circa, qui affiche complet, a dû supprimer une journée de programmation. Le secteur réclame 1,50 euro d’argent public par habitant et par an. Il en reçoit aujourd’hui 29 centimes.

Source : Libération

Théâtre public, iceberg en vue

Budgets à sec, élus hostiles, équipes en rébellion, pression des réseaux sociaux : les directeurs de théâtre craquent, et les directrices en premier. Kaori Ito à Strasbourg, Lucie Berelowitsch à Vire, Séverine Chavrier à Genève ont toutes été poussées vers la sortie. Au TNS, la masse salariale grimpe de 100 000 euros par an, autant de moins pour les artistes. Stanislas Nordey, son ancien directeur, résume : « Pourquoi tu vas t’épuiser à gérer le Titanic ? »

‍Source : Le Monde

Eh bien, dansez maintenant !

Vous courez pour garder le moral ? Essayez plutôt la danse. Selon une méta-analyse publiée dans The BMJ, elle réduirait davantage les symptômes de la dépression que la course à pied, la muscu ou le yoga. En psychiatrie, la danse-thérapie aide déjà des patients à renouer avec un corps engourdi par la maladie. Problème : la discipline n’a toujours pas de statut officiel, et ses ateliers se tiennent parfois dans le réfectoire.

Source : Libération

Deux places contre un stéthoscope

Ils sont 700 médecins, de garde dans 80 salles parisiennes de plus de 300 places. Ils soignent bénévolement artistes et spectateurs et reçoivent deux places en échange. Malaises, chutes, crises d’angoisse : ils règlent 90 % des cas sur place. Pierre Arditi et François Berléand leur doivent une fière chandelle. Seul problème : quand on demande un médecin dans la salle, le public croit à une blague.

Source : Le Figaro

Le Tangram, puzzle en pièces détachées

À Évreux, le Tangram regroupe la scène nationale et deux autres salles. Il perd 354 300 euros, soit 40 % de son budget artistique. Sa directrice, Valérie Baran, dont le bilan venait d’être salué à l’unanimité, n’est pas reconduite. Résultat : le festival Les Anthroposcènes est annulé et les trois lieux, pourtant neufs, fermeront six mois en 2027. Le Syndeac soupçonne la mairie d’avoir jugé la programmation trop « woke ». Mobilisation nationale le 19 novembre.

Source : Libération

Edouard III
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Le mot de l'Affiche
« Une fresque épique qui emporte tout. »