
Edouard III
Une pièce attribuée à Shakespeare et encore jamais jouée en France : un roi belliqueux, des batailles, un scandale de loi salique et une passion brûlante pour une comtesse qui lui résiste. Entre guerre et désir, intrigues de cour et coups d’éclat, Édouard III promet un Shakespeare fougueux, jeune et inattendu.
L'équipe artistique
Interprétation Zakary Bairi, Laurent Barbot, Jessim Belfar, Marc Bertin, Vladislav Botnaru, Guillaume Cantillon, Victor Hugo Dos Santos Pereira, Vincent Guédon, Manon Guilluy, Fanny Kervarec
Assistanat à la mise en scène Louis Berthélémy
Scénographie Mathieu Lorry-Dupuy
Son Julien Lamorille
Lumières Marie-Christine Soma
Costumes Sabine Siegwalt
Travail sur le corps Isabelle Kürzi
Coach vocal François Gardeil
Collaboration à la dramaturgie Lucas Samain
Construction du décor Les Ateliers du Théâtre du Nord
Excusez-moi mais c'est pas tous les jours qu'on a l'occasion de voir une pièce de Shakespeare ENCORE JAMAIS JOUÉE EN FRANCE. On n'a pas de retourneur de temps ? Pas de problème : on file à la Tempête !
La critique de l'Affiche
L'avis de
Mordue
La hype de ce spectacle, c'est évidemment l'idée qu'on tient là une pièce de Shakespeare inédite et encore jamais jouée en France. Vous, ça vous en touche peut-être une sans faire bouger l'autre, moi, j'avoue, ça m'excite un peu. On vient par curiosité, on reste avec les yeux grands ouverts : Shakespeare ou pas Shakespeare, telle n'est plus la question, au fond, puisque ce qu'on a devant nous, c'est surtout et avant tout un excellent spectacle.
Un excellent spectacle qui propose presque deux pièces en une, en vérité. Ça commence comme une pièce historique, une pièce de guerre lors de laquelle on nous présente les différents protagonistes qui s'affronteront dans les prochaines scènes : Edouard III, Jean de Valois, Robert d'Artois, le Prince Edouard, Warwick, Lorraine, et j'en passe. Et tout d'un coup, sans qu'on n'ait rien vu venir, ça bifurque - mais genre virage à 180 degrés.
Sur le chemin pour la guerre, le roi Edouard a croisé une belle qui lui a tapé dans l'oeil : et nous voilà partis pour une parade amoureuse. De pièce de guerre, nous passons à une sorte de pièce sur le langage et sur l'amour, où l'on savoure une poésie très imagée - qui ne va pas sans nous rappeler Shakespeare - et un roi contrarié qui devient à la fois risible et effrayant. Un amour vain, un rire un peu jaune devant ce roi qui essaie d'abuser de son pouvoir pour forcer la main d'une jeune femme vertueuse, une passion dévorante qu'on ressent jusque dans le public, un dénouement qu'on ne dévoilera pas, et nous voilà repartis pour notre pièce de guerre du début. C'est étrange ce sentiment d'avoir déjà vécu presque une pièce entière, avec force rires, émotions et rebondissements, et de repartir comme si de rien n'était sur les champs de bataille.
C'est grâce à ce genre de spectacle que je rattrape mes lacunes en histoire. On est tellement immergé dans le récit, les personnages sont incarnés avec tant de brio, que c'en devient vraiment marquant. Edouard III roi d'Angleterre et prétendant à la couronne de France aura toujours pour moi désormais le visage du génial Vincent Guédon, et ce mélange troublant de fragilité et de bouillonnement intérieur qui le rend à la fois si proche du public et si impressionnant. Il faut dire aussi que la mise en scène de Cédric Gourmelon sert merveilleusement tout le côté épique de la pièce, et on assiste à cette guerre à travers des ambiances lumineuses et sonores qui nous plongent au cœur du chaos médiéval, sans non plus verser dans le grandiloquent. Les manuels d'histoire peuvent aller se rhabiller.













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