
37 heures
Camille a 16 ans quand elle commence la conduite accompagnée. Elle rencontre Christian, son moniteur. Très vite, l’admiration devient emprise. Ce qui ressemble à une attention se transforme en isolement, en manipulation, puis en violences qui dureront des années. C'est l’histoire d’une adolescente qui cherchait l’amour et se retrouve piégée.
2026-02-27
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L'équipe artistique
Texte et interprétation Elsa Adroguer
Mise en scène Elsa Adroguer, Mikaël Teyssié, Pauline Bertani
Avec les voix de Franck Mouget, Céleste Mouget, Philippe du Janerand, Sylvain Galène
Création sonore Matthieu Desbordes
Dramaturgie Émilie Beauvais
Création lumière Paul Durozey
Création vidéo Aurélien Trillot
Scénographie Valentine Bougouin
Construction, régie générale Matthieu Fays
Soutien artistique Franck Mouget
La critique de l'Affiche
L'avis de
Mordue
Tout commence comme une histoire des plus banales. Camille est une jeune adolescente, un peu timide, renfermée sur elle-même. Elle s'intéresse aux garçons mais n'en a jamais embrassée, ça la complexe. Elle rêve du grand amour un peu comme dans les films. C'est un début qui prend des allures de teen movie, où l'on pourrait attendre de notre héroïne qu'elle rencontre un grand brun ténébreux qui lui fasse vivre le grand amour. Malheureusement, dans la vraie vie, ça se passe rarement comme dans les films.
Elsa Adroguer dresse les portraits de ceux qui l'entourent comme on remplit les pages d'un journal intime. Ils se dessinent à travers des listes, par une accumulation de petits détails. Ce procédé nous installe au plus près de sa pensée d'adolescente, dans l'intimité d'un regard qui cherche encore à nommer les choses. Et c'est précisément parce qu'on l'a rejointe là, dans cet endroit encore un peu fragile, que ce qui lui est infligé nous atteint de plein fouet.
Tout passe par les mots. Son récit est très bien construit, alternant les séances de conduite dans le passé, et la tentative de justice et de reconstruction plus récentes. Mais ce sont surtout les mots qui frappent. Des mots simples, toujours simples. C'est peut-être ça le plus fort dans ce spectacle, cette simplicité désarmante, factuelle. Il n'y a aucun effet, pas de cris, juste des mots pour décrire des faits insoutenables. La scène est presque vide, elle ne s'encombre de rien d'autre que de ses personnages. Ce qui compte, c'est son récit. On sent l'agacement du prédateur dans certaines intonations à peine haussées, c'est tout. C'est suffisant pour me tendre terriblement.
Dans la salle, l'atmosphère est pesante. Les premiers mots déplacés, qui font tout de suite pressentir la descente aux enfers qui va suivre, nous frappent. Ça réagit un peu dans le public. Autant vous dire que plus les choses avancent, moins on entend de réaction. On se retrouve comme sidérés. Dans les pires moments, je détourne même les yeux. Pourtant, il n'y a rien à voir sur scène. Mais c'est la seule échappatoire qu'il me reste. Ma gorge se serre, j'éprouve par transitivité quelque chose qui ressemble à de la dissociation. J'entends, je vois, je ressens, mais j'essaie de me couper de ce qui arrive. C'est tellement dur, tellement terrible, tellement proche de l'âpreté du réel.
Il faut un courage rare pour raconter ça ainsi, sans filet et sans artifice. Elsa Adroguer nous place au plus près de la violence, invisible sur scène, mais qui se loge progressivement dans le corps du spectateur. On en ressort chamboulé, encore crispé. Marqué.




















