
Pas de souci
Dans un futur proche, deux amis louent une salle de Mif-Müf pour se détendre une heure. Très vite, le match dérape. Les non-dits remontent, les piques deviennent coups, et l’amitié se fissure. Ce qui devait être un simple jeu se transforme en règlement de comptes où les égos s’affrontent sans filet.
La critique de l'Affiche
L'avis de
Mordue
Ça commence comme une partie de jeu entre potes. On se retrouve, on rigole, on débriefe des dernières vacances. Sauf que là, on est dans une salle de Mif-Müf – un sport nordique futuriste dont on ne comprend pas toutes les règles – et dehors, le monde part en vrille. Masques obligatoires, pluie d'oiseaux morts, bonjour l'ambiance.
On ne comprend pas tout de suite où on va. On discute d'éducation, de choix de vie, un peu l'air de rien. Et puis survient une petite remarque. Puis une autre. A quoi s'ajoutent des "oui si tu veux" qui pèsent trois tonnes. C'est du Sarraute pur jus : ces micro-agressions qui s'infiltrent et grippent la machine. On sent le malaise s'installer, doucement, presque imperceptiblement.
Et puis évidemment vient le moment où la montée en tension devient plus forte et nous emporte réellement dans la partie qui se joue. Le spectacle joue sur les deux tableaux : il touche au ventre avec ces discussions entre amis où on se reconnaît tous, ces non-dits qui s'accumulent, ces vérités qu'on ne se dit jamais. Et en même temps, il nous projette dans une dystopie complètement conceptuelle qui fait écho à nos angoisses actuelles. On passe du débat sur l'éducation au débat écolo, à nos petites contradictions qu'on préfère ne pas voir. Avec une IA censée arbitrer la partie qui ne fait qu'empirer les choses, évidemment.
Et sans qu'on l'ait vu venir, nous voilà à fond dans cette partie de Mif-Müf. Genre, on se passionne pour ce sport absurde comme quand on tombe sur du curling à la télé. Jusqu'à la scission finale. Parce que c'est ça aussi, le truc : ces deux amis savent exactement où appuyer pour se blesser. Comme seuls les vrais amis savent le faire, en toute bonne foi. Je suis très cliente du mélange des genres. Je me suis laissée prendre par cette histoire très proche de nous et complètement barrée. Suspendu, absurde, et terriblement juste sur ce qui peut faire craquer une amitié quand le monde part en vrille.
Les contenus
Galerie

Bande-annonce
L'équipe artistique
Jeu et écriture Solal Bouloudnine & Maxime Mikolajczak
Mise en scène et écriture Olivier Veillon
Avec les voix de Anne Steffens et Lyn Thibault
Costumes Sophie Benoît
Création lumière et son, régie François Duguest et Vinciane de Mulder
Régie générale Vinciane de Mulder
Cascades David Grolleau
Conseillère scénographie Floriane Benetti
Production et diffusion Claire Nollez et Romain Courault













