
Forcenés
Sur scène, un homme pédale sans relâche. Autour de lui, les images, les sons et les mots racontent ces cyclistes qui repoussent toujours plus loin les limites du corps humain. À partir du texte de Philippe Bordas, Forcenés s’intéresse à ces champions qui finissent parfois par ressembler à des héros mythologiques.
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L'équipe artistique
De Philippe Bordas
Mise en scène Jacques Vincey
Interprétation Léo Gardy
Scénographie Caty Olive
Musique Alexandre Meyer
Vidéo Othello Vilgard
Lumière Caty Olive
La critique de l'Affiche
L'avis de
Mordue
Je n'ai jamais regardé le cyclisme de ma vie. Ça ne m'a jamais intéressée. Ou plutôt, ça m'a intéressée pendant 1h15 dans ma vie. Pendant les 1h15 qu'a duré Forcenés.
Voilà, c'est dit. Pendant 1h15 de ma vie, j'aurais été fascinée par Anquetil, Coppi, Gaul, Aimar, et j'en passe, autant de noms que je ne connaissais pas l'heure d'avant. Par ces quasi-héros aux corps hors normes et à la détermination sans faille qui ont accompli des efforts surhumains. Par ces coureurs aux destins épiques qui ont marqué l'histoire du cyclisme. Par le rappel, et la démonstration devant nos yeux, de ce qu'a été ce sport, un genre qui a connu sa fin avec l'ère du dopage et l'amélioration technique des vélos.
Ce spectacle est une perfection, et lui aussi est un objet un peu hors-norme. Il mêle un texte vraiment littéraire, ciselé, haletant, et une scénographie à la fois minimaliste et impressionnante, avec ce comédien-coureur qui raconte tout en pédalant, et cette merveille de création vidéo qui défile derrière lui.
Les trois forment un tout extrêmement harmonieux, une véritable performance à la fois épique et poétique. Non seulement on y apprend plein de choses, mais la prouesse sportive nous fait ressentir la difficulté, la langue la beauté, les gestes la liberté qui ont pu conduire ces hommes à de tels exploits. C'est comme un documentaire vécu en 4DX, une immersion totale dans un monde jusque là inconnu, fascinant, palpitant, animé par le "toujours plus". Je suppose que c'est un peu cette excitation-là qu'on ressent devant le Tour de France. En plus fort, même : à l'époque, il n'y avait que l'homme.




















