
Gratte gratte
Gratte-Gratte, figure du PMU de Reignac, est retrouvé mort avec un ticket gagnant dans la main. Ses amis s'organisent pour lui dire un dernier au revoir. Parmi eux, Nina, qui travaille sur l’addiction aux jeux d’argent. Sauf qu’ici, ses recherches prennent soudain un visage bien réel.
2026-05-16
21:00
2026-05-23
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2026-05-30
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2026-06-06
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L'équipe artistique
Compagnie Compagnie 22h22
Texte Margaux Lebrun
Avec Clara Navarro, Hugo Samperiz, Zoé Lignac, Emmanuelle Taton en alternance avec Margaux Lebrun
Création lumière Ylan Thanos
Photographe Léa Fritsch
La critique de l'Affiche
L'avis de
Mordue
Gratte-Gratte est mort, un ticket gagnant dans la main. Pour Nina, qui écrit une thèse sur l'addiction aux jeux d'argent, le retour au village confronte ses statistiques à la réalité d'un deuil collectif. On retrouve la Compagnie 22h22 - découverte avec La Confiture de coings - qui revient avec quelque chose de plus ample, de plus charnu : un spectacle ancré dans un monde qu'on reconnaît sans effort, celui des amitiés d'enfance qui s'effacent doucement et du "t'imagines" comme seul antidote à l'immobilisme.
Si, comme moi, le film Pas son genre vous a marqué, alors ce spectacle est pour vous. D'un côté les grandes phrases, les études, le recul analytique. De l'autre la simplicité têtue des vies qui baignent dans l'habitude. Le dispositif joue franchement cette carte : entre soutenance de thèse et fiction intime, les données chiffrées sur le jeu viennent frotter les trajectoires divergentes de ces amis d'enfance. Deux mondes, deux langages, et c'est dans cet écart que ça crépite.
Le spectacle résiste à la tentation du jugement. Ni Nina avec ses notes de bas de page, ni ceux qui sont restés et qui grattent encore, dans l'espoir d'un miracle qui n'arrivera pas, ne sont assignés à leur condition. Et pas besoin d'avoir vécu ce fossé pour le ressentir : les Skyblog, les références, les relations, les rêves partagés, le sens du collectif, témoigne à la fois d'une époque et d'une promesse d'ascension sociale qui s'est dérobée en silence, quelle que soit la rive sur laquelle on a atterri - et que la compagnie restitue avec beaucoup de justesse.
C'est touchant et c'est authentique. C'est peut-être encore un peu jeune par endroits, mais cette jeunesse est aussi ce qui fait que ça résonne vrai. Le ticket, pour l'instant, est plutôt gagnant !












