
Ne t'arrête pas de courir
Toumany Coulibaly a un rêve : représenter la France aux Jeux Olympiques de Rio. Au 400 mètres, il multiplie les records ! Cependant, la nuit, il a une autre vie : braqueur. Entre jeu, chorégraphies et musique électronique, on entre dans son monde de dualités. Est-il un grand athlète promis à la gloire ou bien définitivement un voleur compulsif ?
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L'équipe artistique
Mise en scène Tristan Petitgirard
Chorégraphie Romain Guillermic
Interprétation Loup-Denis Elion, Chloé Froget, Kamel Isker, Marie Mahé, Ike Zacsongo-Joseph et Sara Zinger
Adaptation théâtrale Johanna Boyé et Thibaud Houdinière
Scénographie Stéfanie Jarre
Costumes Virginie H.
Musique Sara Zinger
Lumière Denis Schlepp
Vidéo Mathias Delfau
La critique de l'Affiche
L'avis de
Mordue
Cette année, au Théâtre Actuel, la tendance semble être au "d'après une histoire vraie". Ne t'arrête pas de courir n'échappe pas à la règle. C'est même à deux histoires vraies que fait référence la pièce, en réalité : la première, c'est l'histoire de Toumany Coulibaly, coureur spécialiste du 400 mètres, qui mène une deuxième vie de braqueur la nuit. La seconde, c'est celle de Mathieu Palain, le journaliste qui s'est intéressé à cet athlète singulier, est allé le rencontrer en prison jusqu'à nouer une véritable amitié avec lui, source du roman à l'origine de ce spectacle, qui porte le même nom.
Je ne sais pas si c'est le titre du roman qui a inspiré Tristan Petitgirard à la mise en scène, mais on peut dire qu'il lui fait honneur. C'est sans doute le plus marquant dans ce spectacle : il ne s'arrête pas, porté par un rythme électro et une scéno ultra dynamique et efficace. Sur le plateau, les éléments semblent toujours en mouvement, entre ce décor qui avance au fil des scènes, ces différents lieux qui se dessinent, ces néons qui posent différentes ambiances. La mise en scène est bluffante de précision, et ne laisse jamais faiblir le rythme, portée par une distribution sans faille - à commencer par le choix, malin, d'un comédien-danseur pour incarner le personnage de Toumany. Son corps impose son propre rythme, dit parfois plus que les mots, et il y a quelque chose d'envoûtant à le regarder : on perçoit l'athlète, sa dimension sportive, mieux qu'à travers n'importe quelle réplique.
Mais je me demande si le spectacle ne s'est pas trompé de sujet. En prenant comme sujet le lien entre Mathieu Palain, journaliste, et Toumany Coulibaly, athlète, la pièce veut probablement explorer la dimension humaine, la relation que les deux hommes entretiennent, les interrogations auxquelles Mathieu Palain cherche à répondre. Mais elle enferme aussi son histoire. Le rythme scénique est presque effréné, mais le récit, lui, semble parfois stagner. On a d'un côté un journaliste qui se pose des questions, de l'autre un sportif en prison, mais on en reste presque là. Or ce qui m'a vraiment intéressée, moi, c'est ce gars, cet athlète aux capacités uniques qui semble gâcher sa chance. J'aurais voulu en savoir plus sur lui, sur son enfance, sur ce qu'il y a dans sa tête : sur tout ce qui a intéressé Mathieu Palain, au fond. J'aurais voulu savoir pourquoi, comment, j'aurais voulu comprendre, comprendre vraiment. J'en ai pris plein les yeux, mais j'aurais aimé en prendre aussi plein les oreilles !










