
Nous ou le paradoxe du hérisson
Cinq personnes sont reliées par une corde. On ne sait pas très bien ce qui les unit, ni même s’ils forment une famille. Puis une sixième personne arrive et vient bouleverser l’équilibre du groupe. À partir de cette situation toute simple, le spectacle s’interroge sur ce qui fait une famille aujourd’hui : les liens du sang, les choix que l’on fait… ou peut-être autre chose.
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L'équipe artistique
Avec Coline Bardin, Pierre-Isaïe Duc, Linna Ibrahim, Cédric Leproust, Fred Ozier, Selvi Pürro
Mise en scène et direction artistique Muriel Imbach
Dramaturgie et collaboration artistique Marie Romanens, Adina Secretan
Assistanat mise en scène Alexia Hebrard
Son Charlotte Vuissoz
Lumière Antoine Friderici
Scénographie Neda Loncarevic
Costumes Isa Boucharlat
Régie et collaboration artistique Charlotte-Prune Rychner
Œil extérieur et collaboration artistique Paulin-Aloïse Jaccoud
Diffusion Clémence Faravel / Ledou
Production Émilie Monnet
Communication Catia Bellini
Administration Léonore Friedli
Surtitrage anglais Dominique Godderis-Chouzenoux
La critique de l'Affiche
L'avis de
Mordue
Quand j'entends le pitch de Nous ou le paradoxe du hérisson, lors de la présentation de la programmation du In 2026, je trouve le concept vraiment chouette. Ces personnes reliées entre elles et qui font communauté, ça me plaît. Au fil du spectacle, je me rends compte en fait que je ne me suis pas posée beaucoup plus de questions que ça. Et que le spectacle m'amène tranquillement dans plein de réflexions autour de ce que c'est que d'appartenir à un groupe, quel que soit sa définition.
Ce qui semble se jouer, en réalité ce n'est pas tant la famille ou le groupe que la notion de safe place, quelle que soit la forme qu'elle prend. Le message est peut-être un peu appuyé, mais il est là. Le spectacle parvient à mettre de vraies images sur notre besoin et notre rapport au groupe, tirant au maximum cette métaphore de la cordée et explorant le sentiment d'appartenance sous tous les angles possibles : de la prise de conscience de son individualité à l'affirmation de son indépendance, en passant par le mimétisme, l'assignation d'une place, la transmission, et même la définition même de famille. Il soulève tellement de questions en vérité que mêmes les adultes se retrouveront forcément touchés par l'une d'entre elle.
D'autant que le spectacle va plus loin encore, le groupe se fragmentant lui-même en micro-communautés, questionnant constamment cette notion de tribu. Il en profite pour aborder, en filigrane, des sujets plus sensibles, sociétaux, sans toutefois s'y attarder, car l'enjeu ici ne semble pas de les creuser mais peut-être simplement d'ouvrir la parole en sortie de spectacle.
Et niveau visuel, on peut dire qu'on ne se moque pas des petits spectateurs : c'est super efficace, que ce soit au niveau des costumes à la fois semblables et différents qu'au niveau de la scéno, dans cette espèce de jungle où les lianes forment un tipi sous lequel il semble mi-confortable mi-angoissant de se réfugier. Une ambivalence qui dit tout : c'est bien là tout le paradoxe du hérisson, se rapprocher suffisamment pour se réchauffer, sans se blesser. Le spectacle ne prétend pas résoudre l'équation, il nous invite simplement à la regarder en face, petits et grands confondus.











