
Renversante
On s’est tous déjà demandé à quoi ressemblerait un monde où les femmes et les hommes auraient échangé leurs rôles. Ce spectacle pousse l’idée jusqu’au bout et suit deux enfants qui essaient de comprendre pourquoi, chez eux, ce sont les femmes qui dominent la société.
2026-09-15
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L'équipe artistique
D’après le roman Renversante publié aux Éditions L’École des Loisirs
Texte Florence Hinckel
Mise en scène Léna Bréban
Adaptation Léna Bréban, Thomas Blanchard
Jeu Léna Bréban (en alternance avec Julie Roux), Pierre Lefebvre (en alternance avec Antoine Prud’homme de la Boussinière et Étienne Durot)
Scénographie Léna Bréban
Création lumières Denis Koransky
Costumes Julie Deljehier
Vidéo Julien Dubois
Ce spectacle a été découvert au Festival Off Avignon 2022, et la critique publiée date donc de plusieurs années déjà.
La critique de l'Affiche
L'avis de
Mordue
Je découvre ce spectacle avec l'idée que j'essaie de voir de plus en plus de spectacles jeune public, et c'est évidemment le nom de Lena Bréban qui m'a dirigée vers ce choix. Mais en réalité, Renversante n’est pas vraiment un jeune public. C’est un tout public avec une adresse particulière aux scolaires. Et puis, un spectacle féministe de temps en temps, ça fait toujours du bien.
En fait, c’est plutôt un spectacle masculiniste qui nous est proposé ! Renversante, et non renversant, parce que dans le monde qui nous est présenté sur scène, le féminin l’emporte sur le masculin. On prend notre monde actuel, et on inverse tout. Le rose et le bleu, les règles grammaticales, l’image de l’homme et de la femme dans les publicités, le traitement de chacun à l’école, les qualités mises en avant, leur présence présence à la tête de grandes entreprises ou en politique, tout y passe. Et c’est brillant.
Florence Hinckel a vraiment eu une chouette idée, et l’adaptation théâtrale est une grande réussite. Déplacer le problème permet de créer un petit électrochoc chez le spectateur. C’est drôle de se rendre compte malgré nous de tout ce qu’on a bien intégré sur les différences de place entre les hommes et les femmes, sur les préjugés sexistes qui régissent notre quotidien. C’est choquant d’être choqué tout au long du spectacle. On rit d’un rire parfois gêné, on se sent un peu bête aussi.
A aucun moment, le propos ne se fait moralisateur. Les deux adolescents incarnés par Léna Bréban et Antoine Prud’homme de la Boussinière s’interrogent sur le monde qui les entoure, invitent le public à se poser des questions, mais sans accuser. Ils montrent, et ils montrent avec beaucoup d’esprit. La mise en scène de Lena Breban est hyper efficace, pleine de peps, parfois cartoonesque, elle va chercher du côté de la chanson, de l’image, de la vidéo, pour mettre tous nos sens en alerte, et nous prépare au mieux au débat qui suit le spectacle, mené par les comédiens eux-mêmes. Il n’y avait pas beaucoup de jeunes dans la salle, ce matin-là, mais on imagine sans peine les réactions des collégiens devant pareil spectacle. A peu près les mêmes que les notres – en plus bruyant peut-être.













