
Scènes de la vie conjugale
Johan est professeur, Marianne est avocate. Leur couple semble tenir. Jusqu’au moment où tout se fissure. Au fil des conversations, les mots deviennent des armes, les rôles se déplacent, et ce qui était intime déborde largement du cadre du couple. Ce qui se joue entre eux raconte aussi autre chose. Une plongée sans filtre dans un face-à-face qui dérange.
L'équipe artistique
Texte inédit adapté de la version originale en six épisodes d’Ingmar Bergman de 1973
Adaptation, scénographie et mise en scène Christophe Perton
Avec Romane Bohringer et Stanislas Nordey
Et à l’écran Astrid Bas, Eric Caravaca, Claire Semet, Julie Puillon, Lynn Abidi, Zoé Zoulovits, Christiane Brouta Conception et réalisation images Christophe Perton
Création musicale Maurice Marius et Emmanuel Jessua
Création costumes Olga Karpinsky
Création lumières Stéphanie Daniel
Vidéaste Baptiste Klein
Régie générale Jules Guy
Régie générale adjointe Jonathan Maurois
Régie lumières Corentin Nagler
Équipe cinéma
Adaptation et réalisation Christophe Perton, Chef opérateur Simon Roche, Assistante réalisation Nathalie Japiot, Ingénieur son Collin Favre-Bulle, Coiffures et maquillages Avril Carpentier
La critique de l'Affiche
L'avis de
Mordue
Ce sont les noms de Romane Bohringer, Stanislas Nordey et Christophe Perton qui ont précipité ma venue au Théâtre de la Concorde pour découvrir ces Scènes de la vie conjugale. Mais si j'avais connu plus tôt ce texte génial, si j'avais vu le film de Bergman - ce que je vais m'empresser de faire une fois cette critique terminée, croyez-le bien - j'aurais carrément sauté de joie. Car ce spectacle ne se contente pas de réunir une équipe géniale, il le fait avec un texte en or. Et ça, au théâtre, c'est vraiment précieux.
Alors oui, je le reconnais bien volontiers : le sujet du couple, c'est un peu mon dada. On a beau connaître ce territoire sur le bout des doigts, le voir décortiqué par les romans, les films, les séries et toutes les pièces de théâtre depuis la nuit des temps, je continue d'aimer voir ce qu'il a encore dans le ventre, ce qu'il a encore à nous dire. Je l'aime sous tous les formats, que ce soit le théâtre de boulevard, la comédie conjugale ou les pièces plus sociologiques, plus denses encore sur le sujet.
Et ce qui est génial dans Scènes de la vie conjugale, c'est qu'on a les deux aspects. On a d'abord une histoire de couple qu'on prend un vrai plaisir à suivre, avec une intrigue, un enjeu, deux personnages bien dessinés et des dialogues fins et acérés sur cette vie de couple qui bat un peu de l'aile. C'est percutant, passionnant, d'une justesse absolue. On s'y attache, à ce couple. On se compare autant qu'on l'analyse. Pas trop amoché, pas trop embelli non plus - il y a le pas reluisant, la routine, ce qu'on montre aux autres et ce qu'on préfère taire. Les deux comédiens sont fabuleux de complicité. L'un se lézarde de l'intérieur, l'autre se reconstruit sous nos yeux. Deux trajectoires, une seule partition. Le glissement de la certitude, du fameux "couple modèle", vers le doute est amené avec une délicatesse remarquable. Ils donnent à voir cette chose étrange qu'est l'amour au long cours : on ne voit plus forcément le grand cœur rouge, mais on l'entend encore battre, malgré tous les combats. C'est beau.
Et puis, petit à petit, on bascule dans quelque chose de plus philosophique, de plus sociologique. Une légère distance s'impose, comme si le plateau devenait salle d'analyse. On commence à étudier ce qu'on a devant les yeux, à comprendre ce que ça implique, ce que ça dénonce, ce que ça pose comme questions. C'est quoi être un couple ? Et être un couple dans notre société aujourd'hui ? C'est quoi les secrets d'un couple qui dure, comment on fait pour s'aimer vraiment, sur la durée ? Le spectacle soulève ces questions sans prétendre y répondre entièrement - il en donne des bribes, des pistes, des éclats. Tout ce qui peut traverser un couple dans le temps est mis en perspective. On se sert dans ce qu'on voit, comme on prendrait le meilleur de ce qu'on a vu chez ses parents, en essayant de ne pas reproduire ce qui n'a pas marché. Bergman décortiquait déjà ces questions il y a cinquante ans. Perton, Bohringer et Nordey les ont juste rappelées avec une violence douce qui fait un peu mal. Pile où il faut.






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