
Séisme
Un couple discute. Avoir un enfant, ou pas ? Voilà que le monde s’invite dans la conversation. Pollution, crises, peur de l’avenir : tout s’infiltre dans leur dialogue. Duncan Macmillan les accompagne sur plusieurs années, laissant revenir ce débat qui ne se règle jamais vraiment. Ce qui semblait intime devient le reflet d’une époque où se projeter relève presque du pari.
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L'équipe artistique
Traduction Séverine Magois
Mise en scène Robin Ormond
Scénographie Balthazar Lesage
Costumes Clément Desoutter
Lumières Manon Vergotte
Son Arthur Frick
Collaboration artistique Laurent Muhleisen
Avec Claire de La Rüe du Can, Jean Chevalier
La critique de l'Affiche
L'avis de
Mordue
Je vais voir Séisme pour deux raisons : Duncan Macmillan, que j'avais découvert - et adoré - avec Toutes les choses géniales, et Robin Ormond, dont la mise en scène de Peu importe m'avait laissée bouche bée. Je suis plutôt confiante. Et pour une fois, j'ai totalement raison de l'être.
Tout commence comme un drame de notre époque : un couple, une question - avoir ou ne pas avoir un enfant, et autour d'eux, le monde tel qu'il va : mal. Les personnages débattent, anticipent, s'inquiètent dans un flot de paroles qui ressemble à nos conversations d'aujourd'hui, celles où on essaie de rationaliser ce qu'on ne contrôle pas, et où on finit par frôler l'eugénisme avec la même désinvolture qu'on atteint le point Godwin. Macmillan pose son cadre, et ce cadre est nécessaire : c'est depuis là, depuis cette peur du dehors, que quelque chose commence à se déplacer.
Imperceptiblement, le sol se dérobe. La question du monde s'efface derrière celle du couple. Ce qui se passe entre deux personnes quand le temps fait son travail. Les mots qu'on n'osait pas dire au début et qui deviennent, des mois plus tard, une réplique qu'on regrette aussitôt lancée. Ce qu'on attendait de l'autre et qu'on n'a jamais formulé.
C'est là que le texte se révèle tout à fait : une langue incisive, quotidienne, dans laquelle on se retrouve vraiment, qui sait être drôle et cruelle dans la même phrase, et qui sait aussi nous prendre de court. Robin Ormond accompagne tout ça avec une mise en scène d'une grande élégance : les scènes se fondent les unes dans le s autres, le temps glisse, et quand on reprend pied, quelque chose a changé sans qu'on puisse dire exactement quand. C'est ça, Séisme : une pièce sur la peur du dehors qui finit par parler de ce qu'on se fait à l'intérieur.
Et les deux comédiens sont absolument formidables. Claire de La Rue du Can joue une femme qui voudrait avoir le dessus et ne le prend jamais tout à fait, parfait mélange de nervosité à fleur de peau et d'autorité qui se dérobe. En face, Jean Chevalier encaisse. On voit la douleur de celui qui encaisse, légèrement dépassé, légèrement écrasé, bouleversant dans sa tentative de s'affirmer. A croire que le titre n'était pas une métaphore, mais plutôt un mode d'emploi.















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