Ici sont les dragons - Deuxième époque
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Ici sont les dragons - Deuxième époque

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Mordue
L'avis de 
Mordue
« L’Histoire devient un récit qu’on dévore. »
Le pitch

1918. La guerre vient de finir et tout le monde veut croire à la paix. Mais dans les ruines de l’Europe, autre chose se prépare déjà. Des chefs surgissent, fascinants et dangereux. Des hommes capables d’entraîner des peuples entiers derrière eux. L’Histoire les appelle les dragons. Une histoire d’hier… qui résonne étrangement avec aujourd’hui.

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L'équipe artistique

Une création collective du Théâtre du Soleil, en harmonie avec Hélène Cixous, dirigée par Ariane Mnouchkine

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Parce que la Première époque était si réussie, parce que c'est un spectacle tellement nécessaire aujourd'hui, et parce que le théâtre d'Ariane Mnouchkine est unique en son genre. Même si on sait qu'on va bader sévère, on sait aussi que cette Deuxième époque promet un grand moment de théâtre. 

La critique de l'Affiche

Mordue

L'avis de 

Mordue

Ça fait plus de dix ans maintenant que je vais découvrir chaque création du Théâtre du Soleil et j'ai l'impression, à chaque fois que j'en ressors, que j'écris la même chose sur les frissons qui me parcourent quand j'entre dans ce lieu unique, sur la puissance des images qui nous sont données à voir, sur l'expérience incroyable et absolue que devient le spectacle entre leurs mains. Fait rare : la première époque de Ici sont les dragons était, à mes yeux, une perfection théâtrale. Avec Ici sont les dragons, deuxième époque, la troupe du Théâtre du Soleil signe une nouvelle perfection théâtrale. Ariane Mnouchkine et sa troupe, dont on n'a pas toujours autant salué les travaux ces dernières années, semblent avoir trouvé leur format.

Si je devais décrire le Théâtre de Mnouchkine, et peut-être plus encore ce qu'elle propose avec Ici sont les dragons, avec ces masques et ce play-back qui rendent le spectacle si particulier, sorte de grand guignol transposé dans le monde terrifiant de la première partie du 20e siècle, je dirais que c'est un univers enfantin et l'art de raconter une histoire. De la même manière qu'un enfant pose un tapis sur le sol et le voilà maître d'un circuit automobile, elle pose un drap sur la scène et nous voilà ballotés en pleine mer ou quelque part sur le front de guerre. Et on y est vraiment.

On est tout de suite plongés dans cette histoire. Et quelle histoire ! J'ai toujours été nulle en Histoire, incapable de retenir les noms et les dates importantes, et me voilà fascinée, transportée au coeur des machines politiques les plus complexes de cette époque. Et je suis tout avec avidité. Je dévore tout ce que le spectacle me donne : ma chance, c'est que le travail de documentation a été fait - et si bien fait ! - et traduit, transcrit, et presque "vulgarisé" pour le rendre digeste à mes yeux de profane.

Si on m'avait dit qu'un jour je suivrais les aventure de Staline et de Goebbels avec autant d'avidité qu'un nouvel épisode de ma série préférée, je n'y aurais pas cru. Mais il faut dire que j'y retrouve les mêmes mécaniques. L'histoire, évidemment passionnante, pleine de méchants plus terrifiants les uns que les autres et d'intrigues - réelles ! - ayant un impact jusqu'à notre monde actuel - cela pourrait suffire déjà à rendre le spectacle passionnant.

Mais la preuve ultime de la force de ce récit, c'est sans doute l'effet qu'il crée chez le spectateur sans jamais rien forcer. On traverse toutes les émotions, dans ce spectacle, et pourtant les images ne sont jamais poussée à l'extrême. C'est toujours fait avec retenue ; pas besoin de montrer l'horreur, pas besoin d'effusion de sang : tout est déjà dans le texte, dans le jeu des comédiens, dans la documentation, et nos poils se dressent sans qu'aucun artifice n'en soit la cause. Oui, oui, en plus de tout le reste, le Théâtre du Soleil parvient à parler des pires ordures que le monde a créées avec élégance. Franchement, on s'incline. Et on a déjà hâte de l'épisode trois.

La bande-annonce

Les contenus

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