
Une femme à la mer
En octobre 2011, la navigatrice Florence Arthaud chute accidentellement de son bateau et se retrouve seule au milieu de la Méditerranée. Dans le froid et la nuit noire, sans moyen de contacter les secours. Pendant des heures, elle lutte pour survivre avec une seule idée : tenir. Un récit sous tension où chaque minute devient vitale.
2026-05-23
15:00
2026-05-27
21:00
L'équipe artistique
D'après "Cette nuit la mer est noire" de Florence Arthaud en collaboration avec Jean-Louis Bachelet © Texte paru aux éditions Arthaud
Mise en scène et scénographie Stéphane Cottin
Avec Nathalie Lucas
Adaptation Jean-Benoît Patricot
Lumière Moïse Hill
Création sonore Cyril Giroux
Costumes Chouchane Abello-Tcherpachian
Technique de vol Marc Bizet MBTA
Régie plateau Jan-Lou Roussin
Avec les voix de Frédérique Tiermont, Julie Delarme et Marc Citti
La critique de l'Affiche
L'avis de
Mordue
Tout commence par un voyage. Je n'ai pas pris de vacances depuis un moment : je me laisse embarquer. Sur la scène du Théâtre des Gémeaux, ça sent bon la marée et les embruns. J'étais prête à me laisser porter, tranquillement, par le récit, quand brusquement, le ton change. Florence Arthaud tombe de son bateau. Et la course contre-la-montre démarre.
Je ne m'attendais pas du tout à l'intensité de ce spectacle. La scénographie est immersive - on ne révèlera pas tout, mais elle nous plonge directement au coeur de cette mer menaçante. Nathalie Lucas, qui incarne Florence Arthaud, je la connaissais comme la discrète directrice du théâtre de Gémeaux. Je ne l'attendais pas forcément dans ce rôle d'aventurière. Et pourtant ! Elle nous emporte avec elle dès les premiers mots. Elle fait ressentir cette solitude absolue de l'être humain face à l'immensité - océan obscur, ciel étoilé, et cette présence de la mort qui enveloppe progressivement tout l'espace.
On a tous, je crois, une fascination secrète pour les navigateurs, ces aventuriers qui affrontent ce qu'il y a peut-être de plus imprévisible et de plus angoissant au monde : l'océan. Ce spectacle touche à ça. À cette fascination-là. Tenus en haleine, on vit l'instant d'après avec elle, et l'instant d'encore après. C'est un spectacle sur la vie, sur ce à quoi on tient quand tout le reste lâche. Et comme la vie, il ne choisit pas son camp : puissant et doux, haletant et apaisé, il avance par alternances, par respirations. Le ciel est à la fois angoissant et magnifique, la mer à la fois ennemie et sublime : cette dualité traverse chaque instant du récit. On passe par tous les états avec elle : la peur, l'effroi, le sarcasme, la sagesse, l'espoir, le désespoir.
Entre récit d'aventure et journal intime, l'écriture est palpitante, mais elle se permet des accrocs, des notes d'humour, des changements de cap bienvenus, rendant le tout proche de nous, comme si Florence Arthaud nous avait glissé ses mots à l'oreille. Ces mots qui, seuls, semblent pouvoir briser la sensation de néant dans lequel on est plongés. Et nous maintenir, nous aussi, à flots.















