La femme qui n'aimait pas Rabbi Jacob
Coup de coeur

La femme qui n'aimait pas Rabbi Jacob

Pour 
adulte
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1h40
Mordue
L'avis de 
Mordue
« Une surprise de bout en bout. »
Le pitch

1973. Alors que Rabbi Jacob s’apprête à conquérir les salles, un avion Paris-Nice est détourné. À bord, une jeune femme exige que le film soit bloqué. Qui est-elle ? Et qu’est-ce qui la pousse à viser une comédie populaire pour faire entendre sa voix ?

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L'équipe artistique

Avec Bernard Malaka, Charlotte Matzneff, Julien Cigana, Bruno Paviot, Elisa Habibi, Balthazar Gouzou
Auteur et metteur en scène Jean-Philippe Daguerre
Assistant à la mise en scène Hervé Haine
Scénographie et vidéo Narcisse
Costumes Alain Blanchot
Lumières Moïse Hill
Musique Olivier Daguerre

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Alors évidemment un nouveau spectacle de Jean-Philippe Daguerre c'est un petit événement. Mais alors un nouveau spectacle de Jean-Philippe Daguerre avec Bernard Malaka, là, on devient hystérique !

La critique de l'Affiche

Mordue

L'avis de 

Mordue

Alors pour être tout à fait honnête, j'ai beau être très fan de Bernard Malaka et de Jean-Philippe Daguerre, je dois bien reconnaître que ni le titre, ni l'affiche, ni le pitch ne m'ont vraiment parlé. Je me retrouve donc en route pour le théâtre à la fois contente de retrouver des têtes connues et aimées, et malgré tout, un peu avec l'idée que ce spectacle n'est pas pour moi. Et vous savez comme j'adore me tromper !

Ça vraiment, pour une surprise, c'est une surprise. En voilà un objet théâtral surprenant... sur plein de plans. D'abord, visuellement, ça ne ressemble pas vraiment à ce que je connais de Daguerre. Alors pas de révolution drastique non plus, mais disons simplement que là où d'habitude on lui connaît une esthétique plutôt classique, il a fait le choix ici d'une scénographie mi-vintage mi-contemporaine plutôt étonnante, très chouette, et qui fonctionne très bien. Je n'en dirai pas beaucoup plus car l'effet de surprise fait partie du plaisir, mais je l'ai trouvé très efficace.

Le deuxième étonnement, c'est son histoire. Si sa propension à s'inspirer du réel pour écrire ses histoires est connue, c'est plutôt le style qui surprend. On est dans le romanesque - j'ai même envie de dire, par certains aspects, un peu dans le polar. Et là encore, on sort des codes du polar habituel. Il y a bien du suspense, des rebondissements et des revendications, mais il faut bien reconnaître que notre sujet sort quelque peu des sentiers battus.

Et quel sujet ! Jean-Philippe Daguerre tient avec cette histoire une matière en or. D'abord parce qu'elle est passionnante : non seulement elle nous embarque très rapidement avec elle, mais elle est surtout tellement incroyable que la première chose qu'on a envie de faire en sortant, en plus de (re)voir Rabbi Jacob, c'est d'en savoir plus sur ces personnages. Car si cette histoire est tellement épatante, c'est évidemment lié à sa thématique, son originalité, et sa construction, mais également à ses personnages pour le moins déconcertants.

Il faut bien reconnaître que Jean-Philippe Daguerre a écrit pour Charlotte Matzneff un rôle pour le moins génial. Elle campe une Danielle Cravenne toute en nuances, à la fois pétillante, fougueuse, et fragilisée par son propre engagement. Elle est belle cette fragilité qui se mêle au courage, comme une tentative d'aller au-delà d'un rapport presque maladif à l'état du monde. Elle forme un merveilleux duo avec Bernard Malaka, la sagesse de l'un témpérant l'impulsivité de l'autre, le calme répondant à la frénésie. Au-delà du simple équilibre narratif, ce sont deux personnalités, deux tempéraments, deux visions du monde qui s'opposent et se complètent. Les personnages sont suffisamment bien dessinés pour donner une vraie consistance et une vraie complexité à cette confrontation : d'un côté cet homme ancré dans sa place, retenu par son confort et ses règles ; de l'autre cette femme qui ne cherche qu'à renverser l'ordre établi. On retrouve dans leur confrontation ce dialogue surprenant entre l'ancien monde et une forme d'urgence très actuelle. Comme deux aimants, ces deux-là s'attirent autant qu'ils se repoussent, mais le magnétisme de leur relation tient justement à ce que chaque pôle a ses propres zones d'ombre et de lumière. On bascule d'un camp à l'autre au fil des scènes, on comprend tour à tour leurs contradictions. Et entre ces deux forces qui s'opposent naît un amour d'une beauté saisissante.

Toute la distribution est évidemment exemplaire mais je ne peux pas ne pas citer Julien Cigana qui endosse le difficile rôle de Louis de Funès. Je ne connais pas assez bien le comédien pour juger son talent d'imitateur : pour ma part, il m'a fait rire par son seul talent comique. Mais à écouter les rires des spectateurs dans la salle qui à mon avis, eux, avaient bien plus la ref que moi, il fait honneur à celui à qui il rend hommage. J'espère avoir fait de même avec ce spectacle qui méritait bien mieux que mes a priori de début de soirée.

La bande-annonce

Les contenus

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