
Dans le ventre des cerveaux
Tout le monde voit bien que quelque chose déraille, mais personne ne semble savoir comment arrêter la machine. Entre humour, tentatives de révolte et élans d’espoir, la pièce regarde notre époque en face et pose une question toute simple : qu’est-ce qu’on fait maintenant ?
2026-10-23
20:00
2026-10-24
20:00
2026-10-25
16:00
L'équipe artistique
Texte et mise en scène Jules Sagot et Christophe Montenez
Scénographie et lumières Florent Jacob
Costumes Gwladys Duthil
Accessoires Fanny Gautreau
Musique originale et son John Kaced
Collaboration artistique Elina Martinez
Avec Sharif Andoura, Emmanuelle Bercot, Candice Bouchet, Jean-Charles Clichet, Léo Fernique, Ferdinand Niquet Rioux
On ne pouvait pas passer à côté. On a bien aimé la précédente mise en scène de Christophe Montenez, déjà autour d'un sujet de fin du monde, et on a hâte de le voir s'attaquer à un texte qu'il a lui-même écrit. Et puis Emmanuelle Bercot, en fait, dès qu'elle passe au théâtre, je crois qu'on est parmi les spectateurs. C'est tout.
La critique de l'Affiche
L'avis de
Mordue
Dans le ventre des cerveaux. Titre étonnant s'il en est. Spectacle tout aussi étonnant. Pour ceux qui avaient vu Et si c'était eux à la Comédie-Française avec ses sociétaires octogénaires prêts à tout en prime time pour sauver leur maison de retraite, on est dans un délire un peu similaire : une émission de radio en direct, cette fois, qui se transforme en critique grinçante de notre société. Dit comme ça, ça a l'air un peu convenu, mais c'est bien plus barré qu'il n'y paraît.
Tout commence par une interview. Le genre d’interview que j’aurais pu écouter un matin, pour de vrai : un ancien élève des Mines vient parler effondrement, décarbonation, approche systémique. L’échange est documenté, bien mené, passionnant. Déprimant, mais passionnant. Bref, de quoi bien commencer la journée. Puis l’interview s’achève, et l’émission "phare" commence.
C'est un programme qui porte bien son nom. Les cerveaux débattent pendant que les estomacs se remplissent. Et bien vite, ils commencent à nous irriter. On comprend la thèse par pincées. Devant nous, ça rigole, ça mange, mais sous la bonne humeur de façade percent des réflexions qui en disent long sur ceux qui les lâchent.
Ils nous renvoient des situations qu’on connaît bien. Ces moments malaisants où la gravité du sujet n’empêche ni la pique de trop, ni la phrase de boomer, ni la petite blague qui sort de la route. Des réflexions lâchées çà et là, qui grattent un peu, puis de plus en plus à mesure qu’elles s’entassent. Les animateurs, pourtant sympathiques au départ, deviennent peu à peu insupportables. Alors oui, le spectacle cherche encore son tempo, et tout n’est pas aussi tenu. Mais bizarrement, ça n’entame rien : l’attention reste accrochée du début à la fin. Il faut dire que les comédiens sont épatants. Ils font vivre une situation sur presque rien ; tout est dans l'intention, dans la réaction, dans le moment. On jurerait de l’improvisation.
Ce ne sont d'abord que des piques, et puis subtilement, l'air de rien, la situation dégénère. Et ça devient un énorme bordel. Et tout le malaise explose. En rire. En vomi. En dégoût. En absurdie. On est entre le grotesque et l'horreur, entre la comédie et la fin du monde. On ne sait plus s'il faut rire ou pleurer, mais on regarde, fascinés, médusés, ce chaos prendre possession du plateau. On sort avec un drôle de goût dans la bouche. Et pas seulement parce qu’ils passent la deuxième partie du spectacle à vomir.















