
Zola la Rage à l'encre
Dans cette affaire Dreyfus qui a déchaîné les débats et divisé la France, un écrivain prend position dans la presse : Emile Zola. Lui qui au début croyait en la culpabilité de Dreyfus va finalement changer de perspective et s'indigner publiquement avec son célèbre article “J’accuse”. Ce spectacle raconte l’envers du décor de ce moment historique et de la bataille menée par Zola.
2026-05-19
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L'équipe artistique
Mise en scène Cliff Paillé
Interprétation Alexandre Cattez et Cliff Paille en alternance avec Elya Birman
Création lumière Yannick Prévost
La critique de l'Affiche
L'avis de
Mordue
Convoquer un mort au théâtre, c'est risqué. Et un mort qui a hanté nos cours de français, encore plus risqué. Et pourtant. On croyait tenir Zola en quelques mots - J'accuse, L'Aurore, janvier 1898 - et c'est exactement là que le spectacle nous surprend : on ne sait presque rien de ce qui précède. Comment en est-il arrivé là ? Par quel chemin, depuis vingt ans de littérature, cet homme-là s'est-il remis à écrire pour combattre ?
La première surprise arrive vite : Zola n'était pas un dreyfusard de la première heure. Pour lui, au début, la culpabilité de Dreyfus ne fait aucun doute. On se redresse tout de suite sur notre siège. Comment l'auteur de J'accuse peut-il dire ça ? Et nous voilà pris : on veut comprendre le chemin, voir comment cet homme-là bascule.
Cliff Paillé a l'habitude de convoquer les géants - on avait déjà applaudi son Gauguin Van Gogh il y a quelques mois. À chaque fois, même pari : plonger dans la vie intérieure d'un monument pour en faire surgir un homme. Et avec Zola, il a évidemment un cadre en or : l'Affaire Dreyfus. C'est elle qui porte le récit, qui lui donne son élan : et au coeur de ce tout passionnant, les rouages, les bassesses, les erreurs soigneusement dissimulées, l'antisémitisme qu'on voudrait croire enfoui, c'est Zola qui apparaît. Ce que réussit la pièce, c'est nous faire comprendre son besoin à lui de s'investir dans cette affaire. Parce qu'on découvre aussi l'homme derrière le combat. Le mari, l'amant, l'écrivain qui étouffe dans le roman et qui retrouve une urgence dans le journalisme. On comprend que pour Zola, ce combat n'est pas une option : c'est une nécessité. La matière est dense, très documentée, on apprend énormément, mais Cliff Paillé l'a tellement assimilée qu'elle s'intègre parfaitement dans les dialogues.
Et puis il y a les articles qui ont précédé J'accuse : les premiers, parus dans Le Figaro, avant que le journal ne ferme les vannes plutôt que de perdre ses lecteurs. C'est un des bonheurs du spectacle : découvrir ces textes, les entendre. Ce sont des argumentaires précis, brillants : on est suspendus à ses lèvres lorsqu'il les lit. On voit la colère monter, article après article, jusqu'à l'explosion de L'Aurore. On comprend que J'accuse n'est pas un coup de colère, mais bien l'aboutissement d'un combat de pensée. Et on ne peut s'empêcher de se demander qui sont les Zola d'aujourd'hui.
















