
Art
Un homme achète un tableau blanc. L'un de ses amis ne comprend pas. Le dernier essaie d’arrondir les angles. La discussion dérape peu à peu, et ce qui semblait anodin fait ressortir tout le reste. Une amitié mise à l’épreuve à partir de presque rien.
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L'équipe artistique
Avec Olivier Broche, François Morel & Olivier Saladin
De Yasmina Reza
Mise en scène François Morel
Scénographie Edouard Laug
Costumes Edouard LAUG & Valérie Lévy
Lumières Laurent Béal assisté d’ Emmanuelle Phelippeau-Viallard
Vidéo Guillaume Ledun
Univers sonore Antoine Sahler
Assistant mise en scène Valentin Morel
La critique de l'Affiche
L'avis de
Mordue
Une nouvelle mise en scène d'Art au Théâtre Montparnasse, avec François Morel et ses anciens complices des Deschiens, c'est un petit événement. Et pas seulement pour le microcosme théâtral, à en juger par une salle affichant complet pendant la quasi-totalité de son exploitation, strapontins et derniers balcons compris.
Ce qu'on découvre pourtant côté scène, c'est un Art qu'on n'attendait pas tout à fait. Pas la comédie grinçante, formidable machine à punchlines qu'on connaît. En choisissant de mettre en scène ses vrais amis, Morel a tiré le texte vers quelque chose de plus intime, de plus psychologique, de plus rugueux aussi. Ce qu'on entend davantage ici, ce sont les répliques du quotidien, les petites vacheries, les mots qu'on regrette à peine, et moins les fulgurances brillantes que la pièce a livrées dans d'autres mains.
Le choix de distribution crée sa propre friction. Le texte de Reza a été écrit pour des hommes qui ont encore tout à gagner (ou tout à perdre). Ces trois-là ont passé cet âge, et leurs affrontements gagnent en gravité ce qu'ils perdent en mordant. On pense à la question que Morel pose lui-même dans sa note d'intention : les amis d'hier peuvent-ils encore être les amis d'aujourd'hui ? Sur scène, on sent que la réponse n'est pas acquise.
Morel en Marc porte une méchanceté étrange, adoucie par une bonhomie désarmante. Il fait mal et on l'aime quand même. Et quelque part, on rit moins, on réfléchit plus. Cette façon d'ausculter le mot, le sous-texte, ce que les relations font aux gens sans qu'ils s'en aperçoivent vraiment tient davantage de Sarraute que de la comédie.
Ce que le plateau perd en éclat, il le gagne en humanité. La complicité entre les trois est palpable, sincère - on sent qu'elle n'est pas jouée, parce qu'elle ne l'est pas. Et Art devient ici ce qu'elle est peut-être au fond : une pièce sur l'amitié, sur ce qu'elle coûte, sur ce qui y résiste. C'est surprenant, peut-être pas la version de Art que je préfère, mais ça reste évidemment un très bon moment de théâtre. Pas le plus drôle. Le plus vrai, peut-être.

















