
Une censure sachant chanter
Un spectacle de chansons censurées… qu’on va chanter quand même. Elle y voit surtout de la provocation. Lui parle de liberté. Le spectacle vacille entre les deux, menacé d’annulation. La question reste posée : jusqu’où peut-on aller avant que ça coince ?
2026-05-04
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2026-05-05
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2026-05-26
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L'équipe artistique
Avec Julie Autissier, Raphaël Callandreau
Mise en scène Nicolas Guilleminot
Auteurs Raphaël Callandreau (textes et musiques originales) avec des chansons de Perret, Vian, Orelsan, Katerine, Lapointe, Trenet, Devos, NTM, Brassens…
D’après une idée de Julie Autissier et Raphaël Callandreau
La critique de l'Affiche
L'avis de
Mordue
Je suis une grande fan de chanson française. Je fais une confiance aveugle aux cabarets proposés au Théâtre de l'Essaïon. Je sais qu'on y passe toujours de très bons moments. Et cette fois, c'est le titre du spectacle qui m'a eue. Et son thème, aussi. Alerte phrase de boomer : dans cette époque où "on ne peut plus rien dire", un spectacle sur toutes ces chansons qui auraient été cancel si elles étaient sorties en 2026, c'est vraiment chouette.
Une succession de chansons provocantes, déjà, ça a quelque chose de génial. Parce qu'elles ont été choisies avec soin, qu'on prend vraiment un plaisir fou à les découvrir, les redécouvrir pour certaines - car autant vous dire que dans le répertoire français, il y a de quoi se faire plaisir : chansons en-dessous de la ceinture, traitant de la religion, chansons révolutionnaires... il y en a pour tous les goûts ! C'est l'avantage aussi du thème choisi : on passe par toutes les couleurs, toutes les émotions, et même toutes les époques, puisqu'on croise à la fois Pierre Perret et Orelsan, accueillant avec chaleur les chansons plus réjouissantes qui suivent celles qui font froid dans le dos. On savoure aussi les anecdotes qui nous situent le contexte, nous donnent des explications, nous apprennent aussi, pour certaines, qu'elles ont été interdites.
Car il ne s'agit pas que d'un récital. Ils ont su trouver un vrai fil directeur au spectacle, déployant la question de la censure jusque dans la narration du spectacle. Peut-on choquer sous prétexte d'art ? La liberté absolue est-elle l'apanage de la création ? Un débat presque philosophique s'entremêle aux chansons, rendant le tout encore plus original. Alors oui, sans doute, parfois ça prêche un peu, et il faudrait sans doute un peu resserrer mais il ne faut pas nous en vouloir : c'est qu'on les aime, ces chansons subversives, et on ne se lasserait pas de les écouter !









