
Vous permettez
Deux couples se retrouvent pour dîner. Le problème, c’est qu’ils ne se connaissent pas… et qu’ils ne savaient pas jusqu'à très récemment qu’ils étaient beaux-parents. Les enfants ne sont pas là. Ils vont arriver, forcément. En attendant, on sourit, on se jauge, on fait semblant. Sauf qu’ils n'arrive toujours pas. Et là, ça commence à déraper.
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L'équipe artistique
Autrice Manon Rony
Mise en scène Manon Rony
Avec Pénélope Perdereau, Xavier Thiam, Julien Héteau, Salomé Mandell
La critique de l'Affiche
L'avis de
Mordue
J'ai mis dix ans à accepter que mes parents rencontrent mes beaux-parents. Dix ans. Autant vous dire que le sujet de ce spectacle me parlait directement. Et je vais même vous confier une chose : c'est précisément ce que ce spectacle met en scène - ce choc de deux mondes, ce repas qui dérape - qui m'a tenue éloignée de ce moment pendant si longtemps. Je peux vous assurer que si j'avais vu ce spectacle plus tôt, ces dix ans se seraient élevés à quinze !
Vous permettez, au Théâtre Funambule Montmartre, part d'une idée aussi simple que redoutable : deux couples de parents se retrouvent autour d'une table de restaurant, tendus comme des arcs, pour la rencontre fatidique. D'un côté, une famille aisée, un peu coincée, le genre "de la haute" - lui chirurgien fermé, carré, carriériste, elle qui s'efface dans l'ombre de son mari. De l'autre, des gens simples, lui le mec cool par excellence, elle joyeuse et avenante - mais qu'il ne faut surtout pas venir chatouiller de trop près.
Le spectacle est entièrement fondé sur la situation - les personnages ne quittent quasiment pas leur place - et c'est là que l'écriture révèle toute sa force. Car ce qu'on a sous les yeux, c'est un match de ping-pong verbal d'une tension croissante, où les répliques s'envoient de plus en plus franchement, de plus en plus fort. Ce qui est fascinant, c'est que le combat ne s'essouffle jamais - il se déplace, se relance sur un nouveau sujet, repart de plus belle depuis un angle inattendu. On croit la tension retombée, et elle rebondit ailleurs, plus acérée. Socialement, c'est d'une précision redoutable. Ce qui n'empêche pas, au contraire, de rire franchement.
Il faut dire que ce plaisir-là, le plaisir de spectateur face à une pièce vraiment bien écrite, on ne le rencontre pas si souvent. Manon Rony a le sens des situations : le paraître s'effrite à mesure que le dîner avance, les sourires de façade cèdent, et arrivent le mépris, les clichés, les remarques gênantes, les coups bas. On rit, et parfois d'un rire un peu jaune, celui qui dit quelque chose de vrai sur les préjugés de classe et les angles morts qu'on préfère ne pas regarder en face. La guerre inter-couples se déplace parfois en intra-couple, des rebondissements relancent la machine, et le vernis craque dans tous les sens. Les quatre comédiens sont excellents, on sent qu'ils se régalent - et nous avec. Le titre du spectacle aurait pu être une question. Après une heure passée à cette table, la réponse ne fait aucun doute.












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