
Garçon
Après un accident qui le laisse en fauteuil roulant, il comprend qu’il ne deviendra jamais l’homme que son père imaginait. Alors une autre question s’impose : à quoi ressemble l’homme qu’il a, lui, envie de devenir ? Entre humour, autodérision et confidences, il remonte le fil de son histoire pour tenter d’y répondre.
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L'équipe artistique
Mise en scène Noémie de Lattre
Interprétation Samuel Certenais
Texte Samuel Certenais, Noémie de Lattre
Booking Bertrand Hodot
Presse Thierry Messonnier
Communication Clémence Reach
La critique de l'Affiche
L'avis de
Mordue
Si je vous disais à quel point j'ai d'abord été contrariée, et à quel point j'ai finalement aimé ce spectacle - au point de me lever, et de crier bravo, hein - je pense que vous me traiteriez de folle. Mais il n'existe peut-être pas de meilleur signal pour reconnaître un comédien qui emporte et un spectacle qui vaut le coup. Alors je vais vous raconter.
Quand on entre dans la salle, Samuel Certenais nous accueille sur son banc, en train de faire des abdos. Le thème est rapidement posé : on va parler de virilité. De ce que c'est, d'être un homme. Et au début, j'avoue que je m'énerve un peu. Le point de départ est pourtant mi-naïf, mi-admiratif : Samuel est tombé malade dans son enfance et le passage à l'hôpital, le handicap, on changé son regard sur le monde, et notamment sur la place des femmes, ces warriors qui semblent tout tenir sur leurs épaules. La maladie est le point de départ d'une vraie remise en question, et ça a quelque chose de touchant. Mais on est en 2026, c'est mignon un homme qui se dit "je me rends compte de ce que vivent les femmes", mais ce n'est pas non plus révolutionnaire - c'est même un peu crispant.
Mais ce qui me semblait tout d'abord légèrement cliché se transforme progressivement en bataille contre les clichés. Une vraie bataille de tous les instants contre les clichés. Le spectacle monte en intensité : c'est comme si on suivait un parcours de déconstruction en direct, et en accéléré. On traverse ses questionnements, on suit son regard qui se fait de plus en plus acéré sur les sujets d'éducation, de virilité, de ce que ça entraîne d'appartenir à un groupe... et surtout on rit.
On rit beaucoup, parce que les images sont très bien trouvées, qu'elles visent toujours justes, et qu'on ne les a pas souvent entendues car elles portent sur des sujets dont on parle encore peu au théâtre - de plus en plus, mais pas encore assez, et surtout pas de cette manière. Le spectacle donne l'impression d'être avec un pote qui nous éduque presque à une certaine forme de liberté, d'acceptation de soit, touchante et toujours pertinente.
C'est un spectacle qui remet beaucoup de choses en question, avec un humour qui n'édulcore rien. Il n'y a pas de colère, alors même qu'il aborde pas mal de sujets qui fâchent, et ça fait du bien. Le résultat est léger, tendre et réjouissant, et on en ressort avec plein de questions, un peu plus d'assurance, une petite larme au coin de l'oeil, et l'envie d'être soi plus que jamais, et de le crier dans la rue. Pas mal, pour un seul spectacle !

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