
Mahabharata, une histoire de la violence
Tout commence par une haine entre deux familles. Et, comme souvent, personne n'imagine jusqu'où elle peut mener. Le Mahabharata raconte cette mécanique implacable depuis des milliers d'années... et c'est justement ce qui le rend si actuel.
2026-10-02
19:00
L'équipe artistique
Adaptation et mise en scène Pauline Bayle
Avec Agnès Belkadi, Hélène Chevallier, Julie Grelet, Viktoria Kozlova, Nach, Nirupama Nityanandan, Clémence Pillaud, Jenna Thiam
Et les enfants (en alternance) Dario Bensignor, Béla Carcel Cazi, Jade Guisguillert, Anaëlle Zhao
Scénographie Marion Flament et Pauline Bayle, assistées de Klervi Kerouedan
Costumes Pétronille Salomé, assistée d'Irène Jolivard et Nathalie Saulnier
Lumières Mathilde Chamoux, assistée de Tom Cantrel
Vidéo Jérémie Scheidler
Musique Maria Laurent
Son Marion Cros
Assistante à la mise en scène Céline Gaudier, assistée de Gwen Le Pessec et Clément Istre
Assistante à la mise en scène en tournée Isabelle Antoine
Conseillère dramaturgique Karthika Naïr
Traduction tamoule Koumarane Valavane
Régie générale et plateau Clément Casazza et Germain Le Goff
Régie lumière Jérôme Delporte et Emilie Fau
Régie son Tom Vanacker et Loïc Waridel
Régie vidéo Sophie Blons et Marion Comte
Audiodescription Lucie Béguin, avec le soutien de l’Onda, Office national de diffusion artistique
Remerciements Meera Krishnan, Shobana Bhalchandra
Le Mahabharata de Peter Brook est un peu devenu une légende du théâtre. Il fallait bien qu'un jour on découvre cette histoire à notre tour. Et on est ravis que ce soit Pauline Bayle qui nous serve de guide !
La critique de l'Affiche
L'avis de
Mordue
Le Mahabharata, j’en ai toujours entendu parler comme le spectacle fleuve de Peter Brook qui avait conquis Avignon en 1985. Je m’étais un peu fait une raison : jamais je ne connaîtrai cette histoire, jamais je ne découvrirai ce spectacle. Et puis Pauline Bayle, dont j’avais tellement applaudi les Illusions perdues, a annoncé qu’elle s’emparait de cette épopée. Moi aussi, j’allais peut-être avoir mon Mahabharata. Bingo !
Le Mahabharata, c'est un peu L’Iliade indienne. Une querelle de famille qui tourne à la guerre totale, et qui entraîne avec elle toute une réflexion sur le devoir, le pouvoir et la manière de vivre juste. C'est une grande épopée. J'avais peur des trois heures, peur que ce soit loin de moi, peur de ne pas comprendre ; toute crainte est écarté dès les premières minutes. De la même manière que je suis fascinée devant un épisode de Game of Thrones, je suis bouche bée devant ce Mahabharata.
C’est avant tout une histoire. Deux familles ennemies qui se battent. Un sentiment de vengeance permanent. Des rebondissements dans tous les sens. Un récit dense, que Pauline Bayle a rendu accessible et passionnant. C’est du théâtre comme je l’aime, du théâtre dans son plus simple appareil, où un accessoire transforme un personnage en un autre, où les lumières habillent la scène sans besoin de décor, où la danse figure le combat. Le corps s’exprime autant que les mots, la démonstration de force passe par la posture. La musique est omniprésente. Une musique pressante, au bpm élevé, qui impose un rythme haletant.
L’histoire mythologique est ramenée à hauteur d’homme. On parle de plonger les mains dans les tripes, mais on se traite de chien et de sale race. Cette guerre n’a rien de noble : elle est sale, sans règles, sans héros. Et pourtant, une petite question m’a suivie à la sortie. Si Pauline Bayle ramène le mythe au ras du sol par les mots, elle le sublime par les corps. Les combats se dansent, la guerre naît d’un geste et d’une poignée de sable, certains tableaux sont saisissants. Si beaux, d’ailleurs, que ce massacre qu’on nous dit impossible à transcender finit par avoir quelque chose de fascinant. Paradoxe assumé ou léger contresens ? Je n’ai pas tranché.














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