
Amadeus
Un vieil homme se réveille hanté par un nom : Mozart. Salieri, compositeur installé, voit sa vie basculer le jour où surgit un prodige insolent, indécent… et traversé par un génie divin. Fascination, jalousie, vengeance : Amadeus raconte comment un talent absolu peut fissurer une existence entière.
2026-03-14
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L'équipe artistique
Une pièce de Peter Shaffer
Adaptation et mise en scène Olivier Solivérès
Avec Jérôme Kircher dans le rôle de Salieri, Thomas Solivérès dans le rôle de Mozart, et Lison Pennec, Eric Berger, Laurent d’Olce, Philippe Escudié, Romain Pascal, Laurent Arcaro, Artus Maël, Flore Philis, Stella Siecinska, Loïc Simonet, Marjolaine Alziary, Jade Robinot
Collaboratrice artistique Clémentine Solivérès
Assistant mise en scène Pierre Marazin
Scénographie Roland Fontaine
Costumes David Belugou
Perruques / maquillage Nathalie Tissier
Accessoires Pauline Galot
Conception éclairage Alban Sauve
Création sonore Cyril Giroux
Après avoir brillamment adapté Le Cercle des Poètes disparus et Cher Evan Hansen, Olivier Solivérès confirme une chose : les monuments internationaux, il sait les transformer en événements parisiens. Amadeus s’annonce donc comme son prochain terrain de jeu... et quel terrain de jeu !
La critique de l'Affiche
L'avis de
Martin
Je ne connaissais rien à l’histoire d’Antonio Salieri, ni vraiment à celle de Mozart finalement. Je ne suis pas un grand fan de musique classique. Je ne suis pas passionné par cette période historique. Et je n’ai jamais vu le film Amadeus. Donc sur le papier, est-ce vraiment un spectacle pour moi ? Pas sûr. Mais dans les faits, j’ai ADORÉ !
La pièce se concentre sur Antonio Salieri, compositeur à la cour de Vienne. Il est convaincu que sa réussite est le fruit d’un pacte conclu avec Dieu : sa vertu en échange de la gloire. Mais l’arrivée de Mozart, génie ne respectant aucune de ces valeurs, va créer chez Salieri un profond sentiment d’injustice et de jalousie. Estimant que Dieu a trahi sa promesse, il s’autorise à rompre la sienne : il renonce à ses principes et choisit d’agir avec cruauté, dans son propre intérêt. La première victime de cette chute morale sera celui qu’il perçoit comme une menace absolue : Wolfgang Amadeus Mozart, qu’il décide de faire disparaître.
Alors qu’est-ce qui est vrai et qu’est-ce qui est faux dans tout cela ? Évidemment, les deux personnages se connaissaient mais la jalousie entre Salieri et Mozart est un mythe qui ne date pas d’hier. Aucun élément historique ne la démontre. Peter Shaffer nous offre donc une fiction, tirée de personnages réels, permettant d’explorer des sujets qui m’ont littéralement passionné. C’est un équilibre parfait entre histoire captivante et sujets psychologiques fascinants : la jeunesse qui menace l’ordre établi, la cruauté absolue dont sont capables les hommes pour se venger. Salieri se sent menacé par Mozart car il voit clairement que ce dernier est meilleur que lui. Mais alors à qui peut-il en vouloir ? À ceux qui préfèrent la musique de Mozart, c’est impossible, ils ont raison. À Dieu qui, lui, l’a doté de moins de talent malgré leur pacte, certainement. Et surtout à Mozart, qui n’a rien fait de mal, à part mettre en lumière les limites de son propre talent. Salieri hait Mozart mais petit à petit il hait encore plus ce qu’il est devenu depuis que Mozart est arrivé. Il doit qu'il doit se venger ? Mais de quoi à part de sa propre imperfection ? Fascinant je disais.
Pour accentuer ces sujets, Peter Shaffer a accentué les traits de chacun des personnages. Mozart est ici un jeune homme vulgaire, irrévérencieux, impertinent, imbu de lui-même — même si on le sait, grâce à des lettres retrouvées, qu’il en avait certains traits, c’est très certainement très accentué ici. Salieri, lui, est démontré comme un homme manipulateur, perfide et sans grand talent — sur ce dernier point, cela est clairement faux. Et les deux comédiens interprètent ce contraste magistralement. Thomas Solivérès, dans le rôle de Mozart, joue la frivolité avec une exubérance parfaitement contrôlée et une présence rayonnante. Jérôme Kircher en Salieri est d’une incroyable justesse, quelle performance ! Au milieu de ces deux personnalités extrêmes, la rayonnante Lison Pennec en Constanze Mozart brille par la finesse de son jeu qui témoigne avec beaucoup de sincérité de l’équilibre de son personnage : entre la responsabilité, l’insouciance et le dévouement total.
Cette histoire et ces personnages sont portés par une mise en scène grandiose : les costumes sont spectaculaires, les chanteurs lyriques nous font frissonner, les décors sont somptueux et au service d’une vraie fluidité. Le public en a clairement pour son argent. Olivier Solivérès offre une nouvelle fois une proposition artistique impressionnante au service de l’émotion du spectateur. Et ça fonctionne entièrement. Pas au goût de tout le monde semble-t-il, puisque certains spectateurs sont partis ; il faut dire que c’est long, plus de deux heures. Il faut rentrer dans le texte et dans la confrontation, une fois qu’on y est, on n’en part plus.
Vous l’aurez compris, moi j’ai été conquis. Captivé par cette histoire, fasciné par la psychologie des personnages, enchanté par la proposition artistique, charmé par la fresque musicale des œuvres de Mozart, impressionné par les interprètes. Finalement, c’est une pièce qui met en lumière la faiblesse de chacun, quel que soit le talent. Et c’est éclatant de vérité.


















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