
Hernani
Don Carlos, le roi, veut Doña Sol. Don Ruy Gomez, un vieux seigneur, doit l’épouser. Elle, elle n’a d’yeux que pour Hernani, un banni qui n’a qu’une idée en tête : venger son père. Trois hommes se disputent une femme qui n’a aucune intention de se laisser choisir. Alors ils s’élancent tous les quatre, et personne ne sait qui va tenir jusqu’au bout.
2026-11-11
20:00
2026-11-12
20:00
2026-11-13
20:00
L'équipe artistique
D’après le texte de Victor Hugo
Mise en scène Laurent Brethome
Adaptation Catherine Ailloud-Nicolas, Laurent Brethome et Clémence Labatut
Collaboration à la mise en scène Clémence Labatut
Direction d’actrices et d’acteurs Laurent Brethome et Clémence Labatut
Avec Fabien Albanese, Damien Avice, Anne Cressent, Philippe Sire et le c(h)œur du peuple, les étudiants du CPES Théâtre du Conservatoire à rayonnement régional de Boulogne-Billancourt (Emma Bougeard, Nathan El Alami, Mélissa Fall, Victor Gautsch, Manon Gillouard, Félix Grosjean, Piero Hernandez, Nathan Lenendre, Armelle Puzenat, Nina Quénéhervé, Maxime Salicis, Marie-Lou Seince)
Dramaturgie Catherine Ailloud-Nicolas
Collaboration chorégraphique Yan Raballand
Scénographie Rudy Sabounghi
Création costumes Nathalie Nomary
Stagiaire costumes Maeline Nicolleau
Création lumière Nicolas Galland
Création sonore Jean-Baptiste Cognet
Construction décors Ateliers du Grand T, Mixt
Photographie Adrien Selbert
Régie générale Gabriel Burnod
Administration 10versionsprod, Nora Ripault
Photos du spectacle Thomas Badreau
La critique de l'Affiche
L'avis de
Angèle
Hugo le romantique serait-il à la mode ? Après Ruy Blas dans une mise en scène (trop) feutrée de Julie Duclos, voici un Hernani, la pièce de jeunesse qui causa la fameuse bataille, bien plus flamboyant !
Laurent Brethome a pratiqué dans le texte de larges coupes, et il a bien fait. Tout se trouve resserré sur les quatre personnages principaux ; Doña Sol n’a plus de duègne, les conspirateurs existent à peine. Il y a pourtant du monde au plateau : des jeunes en formation que, dans chaque lieu où il s’arrête, Laurent Brethome recrute pour jouer les compagnons du héros, ou les hommes de main de l’empereur. Mais, sous leurs capuchons noirs, ils renforcent surtout le caractère mélodramatique et oppressant de la pièce.
En moins de deux heures, tout est consommé : grâce aux coupes, les nombreux renversements de la fiction se succèdent sans nous laisser le temps de respirer. Des panneaux modulables, rouges comme la passion et le sang, se recomposent d’un acte à l’autre pour figurer les différents lieux du drame, dans une grande unité esthétique, renforcée par la création sonore qui ne lésine pas sur les effets grandioses et inquiétants. Pourtant, le comique voulu par Hugo est aussi bien présent : Don Carlos (Fabien Albanese) est, jusqu’à lacte IV, un roi léger, un foutriquet sans majesté, la galerie de portraits des Silva, décor de l’acte III, un sommet de grotesque.
Laurent Brethome assume pleinement le romantisme de l’œuvre : les passions sont exacerbées, et cela se traduit dans les corps qui se tordent, se traînent, s’effondrent et se déchaînent sans que jamais l’alexandrin hugolien, plein de ruptures, n’en souffre, comme si les comédiens se l’étaient incorporé. Hernani (Damien Avice) est bien ce héros fatal, « fou furieux, sombre insensé », constamment suicidaire, bipolaire, qui porte avec lui le malheur. Au sein du trio d’hommes aux costumes sombres, Doña Sol est une figure lumineuse, dont la mise en scène met en évidence à la fois la position de dépendance et la force de vie, la révolte. Anne Cressent porte ce personnage d’amoureuse inflexible avec une flamme qui exclut tout pathos : sa Doña Sol reste une vivante, jusqu’à la fin, où les applaudissements éclatent. On souhaite longue vie à ce spectacle.


















.avif)

