
La Guerre de Troie n'aura pas lieu
À Troie, tout le monde se réunit avant l’arrivée d’Ulysse, venu négocier au nom des Grecs. La guerre n’a pas encore commencé, mais elle est déjà dans toutes les têtes. Les Troyens discutent encore, espérant éviter l’affrontement. Mais plus la discussion avance, plus une question s’impose : peut-on vraiment empêcher une guerre quand tout semble déjà en marche ?
2026-03-12
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L'équipe artistique
De Jean Giraudoux
Mise en scène Édouard Dossetto
Avec Tatiana André, Ghina Daou, Édouard Dossetto, Gaspard Baumhauer, Leslie Gruel, Marie Benati, Adam Karotchi, Guillaume Villiers Moriamé, Majd Mastoura et Rémi Couturier
Lumières Raphaël Bertomeu
Son Martin Benati
La critique de l'Affiche
L'avis de
Angèle
Je ne suis pas très fan de Giraudoux en général, de ses dialogues souvent trop spirituels pour être naturels. Mais il faut reconnaître que La Guerre de Troie n’aura pas lieu est une belle œuvre, qui nous parle comme jamais en ce moment, surtout élaguée et rajeunie par Édouard Dossetto, dans cette production qui a connu un vrai succès à Avignon.
L’heure est grave dans cette pièce : la guerre et la paix, la vie ou la mort d’un peuple sont en jeu. Giraudoux prend comme sujet la guerre de Troie, avec ses héros mythiques ; cet épisode lui permet aussi de mettre sur scène de beaux personnages féminins (Hélène, Andromaque), de ne pas faire de cette guerre une simple affaire d’hommes. Ce qui l’intéresse n’est pas la guerre en elle-même, mais la phase préalable qui y mène. Comment une offense faite par un peuple à un autre peuple (l’enlèvement d’Hélène), qui en soi n’a rien d’irrémédiable, va déboucher sur une guerre, malgré les bonnes volontés qui s’efforcent de l’empêcher, et pensent jusqu’au bout y parvenir (d’où le titre) ? Quels sont les rapports de force dans ces heures qui précèdent le conflit, et si un personnage a priori secondaire va avoir un rôle décisif, faut-il alors parler de fatalité ? Giraudoux écrit la pièce en 1935, époque où ces questions : passions des peuples, rôle des intellectuels, nationalismes, pacifisme à tout prix, place du droit international, sont prégnantes, et où l’on peut avoir l’impression d’une pente irrésistible vers la guerre, équivalent d’une volonté divine dans le monde grec qu’il choisit pour sa fable. La pièce comprend toute une série de confrontations, qui maintiennent l’intérêt en raison de l’importance de l’enjeu.
Ils ne sont que cinq au plateau, ce qui a conduit le metteur en scène à resserrer le texte autour des confrontations essentielles, lui donnant ainsi plus de nervosité (le spectacle dure 1h10). Il a également utilisé de manière très astucieuse les moyens audio-visuels pour rendre présents peuple troyen et dirigeants. Je ne peux pas trop en dire, car il y a beaucoup d’inventivité dans ce rapport entre personnages sur scène et personnages « en distanciel ». On est surpris et souvent amusés. Cet usage des moyens technologiques, dicté par la nécessité, s’avère non seulement efficace, mais particulièrement pertinent. Cela actualise la pièce, comme le fait dès le début le décor qui évoque une salle officielle prête pour une négociation au plus haut niveau : dans ce cadre, il est tout à fait normal qu’un écran s’apprête à accueillir des slide power point, ou une réunion en visio, et que les personnages soient munis de tablettes. C’est vraiment un exemple, pas si courant, de vidéo parfaitement intégrée à l’intrigue, et un atout fort du spectacle.
Les comédiens sont portés par l’intelligence de ce dispositif, et assurent la montée en puissance dramatique avec talent. Pour ne parler que des personnages féminins, en contraste malgré le costume qui les fait sœurs, Marie Benati incarne la lucidité et la volonté tendue d’Andromaque avec beaucoup d’autorité, et Ghina Daou en Hélène est l’image même de l’abandon au destin. Peut-être verrez-vous d’autres interprètes, car il y a une alternance, mais tout aussi bien dirigés. Ce classique du XXè siècle ainsi monté est parfaitement adapté à des lycéens, comme à tous ceux qui voudront redécouvrir ce qui est tout de même une sacrée pièce !



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