
Tanto poco
Elle est concierge dans un lycée. Lui est un jeune professeur de lettres promis à une brillante carrière d’écrivain. Ils se rencontrent très jeunes. Elle l’aimera pendant quarante ans. Pendant que lui traverse la vie, ses succès, ses désillusions et fonde une famille, elle reste là, fidèle à un amour qu’il ne voit pas. Une histoire qui interroge ce qui passe, et ce qui demeure.
2026-09-23
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2026-10-03
17:00
L'équipe artistique
Mise en scène Cécile Garcia Fogel
Chorégraphie Gösta Sträng
Interprétation Cécile Garcia Fogel
Scénographie Luna Rauck
Lumière Olivier Oudiou
La critique de l'Affiche
L'avis de
Mordue
Tanto Poco, malgré son titre qui pourrait laisser croire à un dépaysement, ne nous emmène nulle part au loin. Le voyage que propose Cécile Garcia Fogel, que je suis depuis des années et en qui j'ai une absolue confiance, est intérieur. On pense par moments à Lettre d'une inconnue, car la matière a en commun un amour qui ne se dit pas, qui se vit seul, à côté de l'autre plutôt qu'avec lui.
Une concierge de lycée. Un professeur de lettres qui ne la voit pas. Trente ans de silence. Le sujet pourrait glisser vers le misérabilisme - une femme de rien, une vie minuscule - mais Cécile Garcia Fogel évite cet écueil avec beaucoup d'élégance. Elle ne joue pas la pitié, elle joue la vie.
Il y a dans ce texte une manière de parler des classes sociales sans jamais l'asséner. Cet amour qu'on pourrait croire triste, elle en fait quelque chose qui grandit : envie de s'élever, d'apprendre, de se cultiver. Une vie simple, traversée de lectures, de beauté, de rêves, d'histoires qu'on s'invente pour continuer à la nourrir. C'est bien plus beau qu'on pourrait le croire.
Le trouble vient de là : d'un homme largement fantasmé, dont on ne sait presque rien sinon ce que le regard de cette femme en a fait. On le fantasmerait presque à travers ses yeux à elle. Mais nous, on la regarde, elle, et elle est intense. Elle nous fait entrer à l'intérieur d'elle-même, dans cette vie qu'elle croit si peu, et si lui voyait ce que l'on voit, cet intérieur-là, il s'y intéresserait sûrement, comme nous, une heure durant.
Cécile Garcia Fogel joue tout cela d'une voix presque monotone, qui contredit le feu intérieur qui agite le personnage, comme si c'était là sa seule façon de s'exprimer, cette retenue. Les mots sont enthousiastes, la voix reste posée. Une vie intérieure comme un flot de pensée continu, qu'elle laisse couler sans jamais forcer le trait. Et puis, par instants, elle chante, de une voix qui monte du dedans, qui vient percer cette monotonie comme si le trop-plein, un instant, trouvait par où sortir. Sublime de naturel, et de simplicité.



















