
Marie Stuart
Emprisonnée en Angleterre depuis dix-huit ans, Marie Stuart joue sa survie. En face, Élisabeth Ire tergiverse : la faire exécuter ou risquer de fragiliser son règne. Complots, religion, stratégies politiques et rivalité personnelle s’entremêlent dans ce face-à-face sous haute tension entre deux reines coincées entre pouvoir, désir de liberté et raison d’État.
La critique de l'Affiche
L'avis de
Mordue
Vous pensez peut-être que comme j'adore le théâtre je me réjouis à l'idée d'un spectacle sur Marie Stuart qui dure 4h. Mais pas du tout ! Je suis un être humain normal, et moi aussi, un spectacle de près de quatre heures sur un sujet que je ne connais pas, par un auteur romantique pas des plus simples à aborder, ça me fait peur. Mais il paraît que c'est mon métier alors voilà, j'ai testé pour vous : quatre heures de Marie Stuart mises en scène par Chloé Dabert au TGP. Et franchement, je recommande !
Alors avant de s'emballer, une petite mise au point s'impose : c'est un spectacle que je recommande à qui aime les sujets politiques. Si ça ne vous dit rien, ou pire, si ça vous ennuie, je pense que ça n'est pas forcément la peine de tenter - après, un peu de curiosité n'a jamais fait de mal à personne, mais moi je suis là pour vous aider à trouver LE spectacle qu'il vous faut, alors... Vous ne savez pas si c'est votre came ? C'est simple : si vous aimez Game of Thrones, House of Cards, The Diplomat ou encore Borgen, alors Marie Stuart est fait pour vous. Moi qui suis fan de ces séries, je peux vous dire que j'ai regardé Marie Stuart avec le même intérêt.
Avec parfois même plus d'intérêt car Schiller, inspiré par la réalité historique, a créé avec Marie Stuart un scénario si intense que même Hollywood aurait du mal à rivaliser. Pendant quatre heures, ce ne sont que joutes oratoires, jeux d'influence, machineries politiques, luttes de pouvoir, trahisons, manipulations, tentatives de pression et autres renversement de situations. Et quand vous croyez avoir vu le pire traître, la pire action, le plus gros rebondissement, vous êtes sûr qu'une nouvelle escalade n'est jamais loin.
Pour servir ces situations, pour accentuer encore la force des mots, Chloé Dabert a fait le choix du dépouillement. La scène est presque vide, et ce sont les lumières qui habillent magnifiquement les comédiens. La mise en valeur des personnages féminins principaux, les seuls à porter des touches de couleur dans un monde masculin tout en noir et blanc, est très réussie. C'est une cour étonnante, foisonnante, et l'on ne sait rapidement plus à qui on peut réellement se fier, comme devant un labyrinthe de portrait où chacun porterait un masque cachant son vrai visage. On se retrouve complètement alerte, tous sens en éveil, tentant de démêler le vrai du faux à chaque nouvel alliance qui se lie sous nos yeux.
La seule chose que je pourrais reprocher à la mise en scène, c'est peut-être cette légère lenteur qui donne un aspect un peu statique à la pièce. Et en même temps, cela permet à ce texte d'une beauté absolue de s'étendre majestueusement pour notre plus grand bonheur - et parallèlement, cela permet aussi au spectateur de ne jamais se perdre dans une histoire faite de trahisons, de mensonges, d'intentions et de sous-textes. Mais attention, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : cette légère lenteur ne s'apparente jamais à de l'ennui. Plutôt à l'impression de se laisser porter au coeur d'une cour où tout s'agiterait de tout côté et où nous, spectateur, serions témoin privilégié de cette valse politique, observant depuis notre siège chaque pas calculé, chaque révérence empoisonnée de cette danse macabre du pouvoir.
Les contenus
Galerie

Bande-annonce
L'équipe artistique
De Friedrich von Schiller
Mise en scène Chloé Dabert
Avec Bénédicte Cerutti, Brigitte Dedry, Jacques-Joël Delgado, Koen De Sutter, Sébastien Éveno, Cyril Gueï, Jan Hammenecker, Tarik Kariouh, Marie Moly, Océane Mozas, Makita Samba, Arthur Verret
Traduction Sylvain Fort
Collaboration à la dramaturgie Alexis Mullard
Scénographie Pierre Nouvel
Lumière Sébastien Michaud
Son Lucas Lelièvre
Costumes Marie La Rocca
Maquillage et coiffures Cécile Kretschmar
Assistanat à la mise en scène Virginie Ferrere
Assistanat au maquillage et aux coiffures Judith Scotto Le Massese
Coordination des cascades Roberta Ionescu
Régie générale et assistanat à la scénographie François Aubry dit Moustache
Construction du décor Atelier du Nouveau Théâtre de Besançon
Réalisation de la toile peinte Marine Dillard
Réalisation des costumes Élise Beaufort, Albane Cheneau, Bruno Jouvet, Armelle Lucas (coupe dames), Jeanne-Laure Mulonniere, Anne Tesson (coupe homme)
Stagiaires aux costumes Nadou Abot, Nele Velhan-Goemans
Avec l’aide précieuse des cheffes d’atelier Sophie Bouilleaux (Théâtre national Populaire de Villeurbanne), Myriam Rault (Théâtre national de Bretagne), Pauline Zurini (Théâtre national de Strasbourg)























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