
De 10 à 13
Imaginez un journal intime qui parle. En 2023, Camille retrouve son journal qu'elle a tenu de ses 10 à ses 13 ans. Elle s'y plonge et se retrouve dans l'époque de Diam's et des feuilles Diddl. Mais aussi dans ses blessures, dans ses doutes, dans ses envies. Un regard passionnant sur l'enfant qu'on était, maintenant que l'on est un peu plus adulte.
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L'équipe artistique
De Camille Dardoigne
Interprété par Chloé Zufferey
Création lumière d'Olivier Oudio et Anthony Ponzio en régie
La critique de l'Affiche
L'avis de
Martin
Je ne pensais pas que ce spectacle allait tant résonner avec ma propre vie. On dit souvent que le théâtre est le miroir de la société, mais dans « De 10 à 13 », c’est tout le principe : un journal intime de l’enfance d’une trentenaire prend vie sous nos yeux. C’est frappant de réalité, de nostalgie et d’enseignements. Parce que j’ai 30 ans moi aussi, et que j’ai vu mon enfance reprendre vie. Sauf que maintenant, je la regarde avec mes yeux de trentenaire. Et c’est exactement là que ce spectacle devient exaltant.
Donner vie à un journal intime
Dans « journal intime », il y a d’abord « journal ». Vous l’avez compris, le récit n’est pas le plus construit : c’est brut et sans filtre. On y découvre tous les sujets qui animent notre jeunesse : stylo volé, premières amourettes, disputes de meilleures amies, bulletins décevants, etc. Déjà là, le public commence à rire : on en avait des problèmes à l’époque ! Il y a ensuite « intime » : un tel journal est une bulle protectrice où les émotions sont vives, surtout quand elles sont vécues enfant. Les joies sont démultipliées, les blessures semblent profondes, les interrogations paraissent intenses.
La comédienne, seule en scène, donne littéralement vie à ce journal avec une interprétation reflétant exactement l’amplitude des émotions décrites. Ici aussi, c’est brut et démultiplié, avec des ruptures incessantes. J’étais circonspect au début, car cela semblait manquer de justesse et de finesse. Mais je n’avais pas compris : la comédienne n’interprète pas un texte, elle interprète un journal intime. Elle doit donc en être le reflet, avec tout le relief que cela impose. Et je dois dire que, le texte filant, j’ai été de plus en plus convaincu. Ça paraît être de la folie ? Non, c’est de la jeunesse.
S’obliger à poser un autre regard
J’ai adoré revoir des éléments de ma jeunesse et j’ai été touché de revivre certaines blessures. Le public rit, car il trouve cela souvent assez ridicule (« J’ai demandé à une telle si elle voulait être ma meilleure amie, mais elle est déjà la meilleure amie d’une telle »), mais aussi parce qu’il s’y retrouve. Ce qui a changé, c’est qu’on a grandi. C’est qu’on a compris. C’est qu’on a pris confiance. Mais pas tout le temps : il y a des bobos de notre jeunesse qui ne sont peut-être pas guéris et qu’on revit ici, ce qui, forcément, remue un peu. Évidemment, à travers toutes ces péripéties, on revit aussi la manière dont la société nous imposait de nous construire, notamment à travers la sexualisation des corps et la prise en compte constante du regard de l’autre.
Il serait difficile de décrire ce qu’est ce spectacle. Un objet culturel un peu à part. Pour les jeunes trentenaires, c’est un must-see absolu, car c’est toute notre enfance. Pour leurs parents, c’est probablement l’occasion de mieux comprendre ce que leurs enfants ont traversé et leurs réactions de l’époque. Et pour tous les autres, c’est un moment à part où vous serez obligés de vous questionner. La fin du spectacle, bouleversante, nous oblige notamment à inverser le regard et nous force à nous regarder nous-mêmes. Théâtre miroir de la société, vous disiez ? Miroir de notre propre vie surtout.















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