
Tout le bleu du ciel
Émile n’a plus beaucoup de temps. Joanne, elle, traîne un lourd passé. Ils n’auraient jamais dû se rencontrer et pourtant, ensemble, ils prennent la route sans véritable destination. Au fil des kilomètres, ce voyage improvisé va peu à peu bouleverser leurs vies.
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L'équipe artistique
De Mélissa Da Costa
Adaptation et mise en scène Mikaël Chirinian
Interprétation Audran Cattin, Laetitia Franchetti, Blanche Sottou
Collaboration artistique Morgan Perez
Costumes Sophie Benoit
Lumières François Leneveu
Musique Pierre-Antoine Durand
Vidéo Mike Guermyet
La critique de l'Affiche
L'avis de
Mordue
Comme beaucoup de monde, j'ai dévoré Tout le bleu du ciel, mais si j'avais un reproche à faire au roman de Mélissa Da Costa, c'est qu'il pousse tous les curseurs à bloc, afin de nous cueillir à tous les coups. L'adaptation théâtrale pouvait prendre deux chemins : profiter de la présence de deux humains en chair et en os pour pousser le trait et nous tirer les larmes dès la première scène, ou profiter de la présence de deux humains en chair et en os pour laisser vivre l'histoire, et nous laisser venir à elle.
Mikaël Chirinian a visiblement opté pour la deuxième option. Et ça fonctionne très bien. C'est un spectacle à hauteur de son message, qui prend le temps, qui laisse exister les silences, les personnages, les situations. Le jeu reste posé, comme en apesanteur, entre deux mondes, celui des vivants et celui des morts. Le tempo ressemble un peu à celui d'une randonnée, où l'on s'arrête pour regarder le paysage, profiter, savourer, avant de repartir. C'est l'ambiance globale du spectacle : doux, tendre, tout entier posé sur ses personnages, ses humains. Comme un souffle chaud dans le cou : ça chatouille, et c'est une présence silencieuse qui fait du bien.
J'ai été ravie de découvrir qu'Audran Cattin faisait partie de la distribution. Il amène à Émile quelque chose du personnage lui-même : une envie de vivre chevillée au corps, un enthousiasme parfois maladroit, un tempo un peu trop rapide, en contraste avec une Joanne qui prend le temps.
La belle surprise du spectacle, c'est elle, Joanne. Blanche Sottou, qui semble avoir sauté à pieds joints dans la peau du personnage. Pas facile pourtant de l'incarner tel qu'écrit dans le roman, mutique, murée dans son chapeau noir, qui ne s'explique jamais, sans en faire un bloc fermé : il fallait laisser passer, sous la carapace, quelque chose de singulier. Elle y parvient avec une simplicité désarmante. Son regard, notamment, reste en tête bien après : un regard tourné vers l'intérieur, et qui pourtant vous voit vraiment quand il se pose sur vous.
Une heure vingt qui donne juste ce qu'il faut, sans jamais trop en faire. Ça n'empêche pas de se laisser cueillir, en douceur cette fois. On sort de la salle un peu comme on descend de voiture après un long trajet : apaisé, et encore un peu ailleurs.




















