
Des Fleurs pour Algernon
Après le succès d'une expérience menée sur une souris, des chercheurs tentent l'opération sur Charlie Gordon. Son intelligence explose, mais cette métamorphose a un prix. Un monodrame musical inspiré de Daniel Keyes, aussi émouvant que profondément humain.
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L'équipe artistique
Mise en scène William Mesguich
Interprétation William Mesguich
Traduction Henry-Luc Planchat
Composition Jean-Christophe Marti
Musique Amélie Stillitano
Musique Raphaël Simon
Régie Baptiste Boutin
La critique de l'Affiche
L'avis de
Amy
Le point de départ est un livre de Daniel Keyes, décliné en nouvelle et en roman. J'ai adoré cette lecture pleine de sensibilité. Pourtant les adaptations cinématographiques ne m'avaient pas convaincue. J'avais donc une grosse attente avec ce spectacle théâtral.
Le seul en scène m'intriguait : comment un seul personnage, dans une mise en scène épurée, peut-il exprimer tous les points de vue et tous les axes du texte qui pose de sérieuses questions : Est-on plus heureux dans l'ignorance ? A-t-on éthiquement le droit de modifier le cerveau humain ?
Le résultat est un texte fort, porté par une performance d'acteur magistrale. D'une seconde à l'autre William Mesguich change de voix, de posture pour nous faire entendre Charlie, ou Miss Kinnian ou le professeur Strauss ou un patron de restaurant. Il nous emmène par tout un chemin d'émotions. On éprouve de l'empathie face à cet homme au QI déficient dont le but est de devenir intelligent. On est heureux que l'opération ait réussi et qu'il ait de plus en plus accès au monde qui l'entoure. On a honte avec lui quand il comprend que ses collègues rient de lui et non avec lui. On souffre de comprendre sa régression.
L'accompagnement musical de Jean-Christophe Marti est original. Il sous-tend les émotions, les affres de l'esprit. Deux musiciens, Amélie Stillitano au piano nonpareil et Raphaël Simon aux percussions, sont visibles en transparence, derrière le porteur de la parole. La mise en scène est minimaliste pour laisser la place à cette histoire touchante, prenante et bouleversante, fidèle à la nouvelle de Keyes. Charlie cherche à s'élever mais il y prend conscience de l'imperfection, voire de la noirceur, de l'humanité. Tour à tour violent ou désarmant, le point de vue de Charlie nous donne accès à sa pensée intime.
Notre attention est totalement tournée vers William Mesguich en tension. Par ses regards tendus ou baissés, ses crispations de doigts, ses épaules voûtées ou fières, il incarne viscéralement Charlie et questionne ainsi le spectateur sur les notions de progrès, de différence et de tolérance. Qu'on connaisse ou pas le texte au départ, on ne peut qu'être touché, on ne ressort pas indemne de cette vie exposée sous nos yeux et peut-être ferons-nous un peu plus attention à autrui en sortant.




















