
Être ou ne pas être
Petit, William Mesguich rêve surtout de football. Le Red Star, Maradona, les stades : voilà son monde. Et puis un jour, Molière et Shakespeare débarquent dans l’histoire. Quand on a un père comme Daniel Mesguich, le théâtre n’est jamais très loin. Encore faut-il réussir à trouver sa propre place. Comment un gamin qui se voyait footballeur finit-il par passer sa vie sur scène ?
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L'équipe artistique
De William Mesguich, Rébecca Stella
Mise en scène William Mesguich, Rébecca Stella
Interprétation William Mesguich
Lumière Richard Arselin
Composition Pierre Michelet
Graphisme Sarah Barzyk
La critique de l'Affiche
L'avis de
Mordue
William Mesguich, ça fait un petit moment que je le suis. Je n'aime pas tout, je ne vois pas tout d'ailleurs, mais je guette toujours le projet d'après. Comme à mon habitude, je n'ai rien lu avant de venir voir Être ou ne pas être. Et j'ai adoré la surprise. Alors si vous voulez garder la surprise, si vous n'avez pas envie d'en savoir plus et que vous avez juste envie de passer un bon moment au coeur de la vie de ce comédien si particulier, arrêtez-vous là, réservez votre billet, et profitez. Et si vous voulez vérifier que ce spectacle est vraiment pour vous, et que vous êtes d'accord avec l'idée de gâcher (un peu) l'effet de surprise, alors on continue.
Je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre, mais certainement pas à voir William Mesguich faire des jongles sur scène. Et bien s'en sortir, en plus ! Il est doué, le bougre. Et c'est tout le point de départ de ce spectacle. Le comédien passionné de théâtre qu'on connaît aujourd'hui nous présente son autre passion, bien moins connue : celle du football. Et décide de nous raconter comment il est passé de joueur espoir à comédien.
Si vous connaissez un peu le personnage, vous savez qu'il peut avoir un style de jeu un peu appuyé qui ne plaît pas à tout le monde. Un jeu stylisé qui peut parfois mettre un peu de distance avec le spectateur. Et ce soir, pour la première fois, toujours à travers ce jeu très en relief, très démonstratif, presque sauvage par endroits, j'ai l'impression d'apercevoir William Mesguich. Lui qui se cache toujours derrière des personnages haut en couleurs semble s'être lancé un défi qui va à revers de tout ce qu'on a pu voir jusqu'à présent : une mise à nue. Lui l'homme des marathons à 5 spectacles par jour à Avignon, lui le théâtreux avec la passion chevillée au corps, le voilà redescendu parmi les humains.
Ça ne change pas sa manière d'être au plateau, simplement, c'est comme si ça ajoutait quelque chose. Il est à la fois le lui-même qu'on connaît, c'est-à-dire toujours un peu "trop", et le lui-même plus intime, c'est-à-dire complètement sincère. Ça donne un résultat assez unique, et, je dois bien le reconnaître, ultra convaincant. On a beau connaître la fin de l'histoire, savoir que notre protagoniste va devenir le comédien qu'on connaît, on est tenus en haleine. On veut savoir ce qui va se passer, connaître les rencontres qui vont tout changer, mieux comprendre la relation au père. Il a réussi à faire de sa vie un récit haletant, fluide, drôle, et authentique - et surtout très bien écrit. Les anecdotes sont folles, les imitations mythiques, formant un tout à la fois croustillant et très touchant.
On apprécie probablement encore plus quand on connaît le cadre qu'il décrit - ce Daniel Mesguich quasi cow-boy, cet Antoine Vitez souvent dans leur salon, ces comédiens qui animent son quotidien. Mais il y a aussi le plaisir de la découverte, ce petit bout de bonne femme qu'est sa mère - que je ne connaissais pas - est un formidable personnage, enthousiaste et attachant. Et l'histoire elle-même, ce parcours de comédien qui essaie de se faire un prénom, ces doutes, ce chemin à trouver, c'est passionnant à suivre. Ça nous rapproche un peu de lui. Qui aurait pu prédire...
















