
Suzanne
Alfred, réalisateur en fin de parcours, pensait simplement passer la soirée à travailler avec sa nouvelle assistante. Mais très vite, les piques, les désaccords et les provocations laissent place à un affrontement beaucoup plus inattendu. On croit savoir où l’histoire va nous emmener. Manifestement, ce n’est pas le plan.
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L'équipe artistique
Écriture, mise en scène et jeu Dada Bene Mambouch et Olivier Borle
Assistant à la mise en scène Léo Audouy
Scénographie Benjamin Lebreton
Lumière Julie Lola Lanteri
Régie Laurent Basso
Maquillage et perruque Françoise Chaumayrac
Production et administration Marina Dubroca
Diffusion Elsa Repellin
La critique de l'Affiche
L'avis de
Mordue
Il y a plein de raisons valables pour choisir un spectacle au OFF : l'affiche, le lieu, l'équipe artistique, le théâtre... le titre. Oui, vous avez peut-être deviné : je m'appelle Suzanne, alors quand j'ai vu le titre, forcément, ça m'a intriguée. Et c'est vraiment ce que je préfère je crois au OFF : pousser la porte d'un théâtre sans avoir la moindre idée de ce qu'on va voir, et sortir avec le sentiment qu'on a vécu un moment unique.
Bon alors en vrai, au début, je ne faisais pas trop la maligne. Je ne suis pas une grande cliente d'humour absurde, et je ne sais d'abord pas trop sur quel pied danser. Mais dans la salle, en vérité, personne ne sait. Le spectacle pose ses bases, Suzanne n'est pas encore là, on se demande un peu où on a mis les pieds, on est sur nos gardes, on ne sait pas vraiment ce qui nous attend. Et puis, quelque chose se passe.
Des spectacles engagés, j'en ai vu pas mal à Avignon, mais je suis à peu près sûre qu'aucun ne ressemble à celui-là. On ne révèlera rien, car c'est l'une des plus grandes forces du spectacle : la surprise. Je crois d'abord que je suis tombée dans une énorme farce. Un grand n'importe quoi. Mais évidemment, la pièce est plus maligne que moi. On est face à une espèce d'ovni, qui nous balade, qui laisse des indices planer ici ou là, mais qui déjoue toujours les attentes.
Tout y est joué avec un naturel confondant, sans un seul artifice, et c'est peut-être ça, la clé : on ne soupçonne rien d'autre que l'envie de rire. C'est un spectacle à la fois frais et cruel, léger et grave, drôle et déchirant. Plus le spectacle avance, plus on s'infiltre dans l'histoire, à suivre ça comme un polar, à s'attacher toujours davantage aux personnages, à imaginer ce qui peut véritablement les lier...
Et quand le dénouement arrive, quand on comprend enfin ce qui se joue sous nos yeux, quelque chose de fou se passe. La salle, jusque-là soudée dans un même rire, se fissure. Certains continuent de rire, emportés par leur élan. D'autres se figent sur leur chaise, pris entre deux réflexes contraires : celui de rire, et celui de savoir qu'on ne devrait plus. Tout ce que je peux vous dire, c'est que ce soir-là, Suzanne a mis Suzanne KO.



















