
Le procès d'une vie
Été 1971, Marie-Claire, 16 ans, veut avorter malgré la loi. Soutenue par sa mère et d'autres femmes, elle affronte un avortement clandestin qui tourne mal. En 1972, toutes sont inculpées. Maître Gisèle Halimi prend leur défense lors du procès de Bobigny. Leur courage changera l’Histoire.
La critique de l'Affiche
L'avis de
Martin
On oublie souvent d’où viennent nos droits.
Derrière chaque avancée sociale, il y a des combats. Des femmes et des hommes qui ont décidé de parler un peu plus fort, de prendre des risques en dépit de leurs souffrances et des efforts parfois colossaux que tout cela représente. Ces femmes et ces hommes, trop souvent, sont oubliés. Ce spectacle veut leur rendre hommage. Il veut mettre en avant celles qui ont permis que l’on vive dans une société plus juste. Il veut aussi rappeler qu’avant ces combats, ce n’était pas le cas. Et que cet « avant » n’est pas si lointain.
Immersion dans la France des années 70. Dès le « pré-show », on est immergé au milieu des combats des femmes : contraception, avortement, liberté de parole. On sent la colère, mais surtout l’envie que la société change. Assis dans notre fauteuil, on se prend au jeu et on s’imagine, nous aussi, participer à ce type d’AG. La réalité ? La grande majorité n’aurait pas été là, car il en faut du courage pour se battre contre toute une société.
Ce courage, c’est de cela dont on va être témoin durant 1h20 de spectacle. Le courage de cette jeune adolescente, violée, qui décide d’avorter avant de se faire dénoncer. Sont alors jugées ces femmes qui l’ont aidée, soutenue et défendue. À leurs côtés, Gisèle Halimi, Simone de Beauvoir, car ce procès de Bobigny devient un procès politique qui milite pour le changement de la société. Ce sont d’ailleurs elles dont on se souviendra. Mais qui connaît l’histoire de Marie-Claire ? Peu de monde — et c’est là la grande force de ce spectacle.
Comme une pièce documentaire, on met ici une histoire et un visage sur un moment crucial de l’évolution de notre société. On humanise un combat, comme pour montrer d’où il vient, pour lui redonner de la substance et de l’importance. En écoutant cette histoire, en se laissant toucher par le parcours de cette jeune femme, on se demande comment on a pu vivre dans un monde si cruel. On en sort renforcé par l’envie de ne plus jamais revenir à une société si injuste. Porté par une équipe d’actrices et d’un acteur formidables, on se laisse cueillir. On voit cette sororité prendre vie et faire face à un monde patriarcal rude et odieux.
Le théâtre sert aussi à cela : redonner vie à ces moments qui ont impacté notre vie pour toujours. Car cela marque le spectateur, lui permet de comprendre, de s’engager et ainsi de changer, un petit peu plus encore, son quotidien. Ce n’est pas une pièce très surprenante, mais c’est une pièce très efficace pour continuer de se battre pour les droits des femmes et pour une société plus inclusive et plus juste. Car des combats à mener, il y en a encore beaucoup. D’autres futures occasions de créer des « Procès d’une vie ».
Les contenus

Bande-annonce
L'équipe artistique
Autrices Barbara LAMBALLAIS -Karina TESTA
Mise en scène Barbara Lamballais
Interprétation Jeanne Arènes - Clotilde Daniault - Maud Forget - Déborah Grall - Céline Toutain - Julien Urrutia
Collaboration artistique Armance Galpin
Scénographie Antoine Milian
Costumes Marion Rebmann
Création son Benjamin Ribolet
Création lumière Rémi Saintot
Presse Pascal Zelcer













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